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 Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]

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Leila Park
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MessageSujet: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 26 Fév - 14:25


Lola Dermekis & Leila Park
Leila n'avait pas vraiment passé une soirée très réussie. Elle avait tendance à choisir les bars les plus miteux pour ses soirées en solitaire et bien qu'elle eut repéré deux idiots qui auraient pu être ses victimes, elle ne s'était encore attaqué à personne. Elle n'aimait pas attendre la fin de la journée pour assouvir ses pulsions, mais après avoir accompagné son père toute la journée pour son travail, elle n'avait pas eu d'autre choix. Taper les servantes était une activité réservée aux jours de blues. Elle n'aimait pas vraiment se défouler sur les personnes mises à leur disposition par l'AAD, c'était trop facile. C'était trop peu satisfaisant. Frapper un inconnu, sans le prévenir des raisons, sans le prévenir des conséquences... Cela avait définitivement bien plus de goût que de frapper un pauvre idiot qui sait que vous n'êtes qu'un être faible incapable de résister à ses pulsions.

Elle méditait ces pensées si légères en jouant avec une bouteille de champagne. L'alcool qui coulait à flot dans les bars la faisait sourire. Elle payait pour en avoir, quant au final, l'argent retournait dans les mains de son père. Elle ne se privait donc jamais. Et l'ivresse due au champagne était sa préférée. Une ivresse pétillante, libératoire, qui lui permettait de laisser libre cour à ses pulsions. Quand on est une neuropathe, laisser ses pulsions s'exprimer avant de laisser son cerveau le faire peut s'avérer être un jeu dangereux. Mais depuis qu'elle avait accepté d'être une tarée, une folle sadique aimant taper tout un chacun, elle avait également appris à aimer les jeux dangereux. Tout laisser derrière, ne vivre plus que pour le présent et savourer le plaisir qu'elle pouvait ressentir en se servant de ses poings. Le plus gênant, au delà de la sensation de manque, c'était la sensation de plaisir quand elle tapait quelqu'un. Elle se sentait accomplie. Elle n'avait pas besoin d'attendre d'être en manque pour se sentir soulagée en frappant quelqu'un. Mais c'était pourtant ce qu'elle faisait. Parce qu'elle savait rester civilisée.

Enfin, civilisée ou non, s'avaler seule quelques bouteille de champagne, en plus de jouer sur son équilibre, jouait sur sa vessie. Après un rapide tour aux toilettes, elle se regarda un instant dans le miroir pouilleux des chiottes. Décidément, l'alcool, la fatigue et le manque ne lui arrangeait pas le teint. Elle baissa les yeux pour regarder ses fringues. Un jean confortable assortit d'une chemise blanche. Sa veste était légère, mais elle avait l'habitude d'avoir froid. C'est ça d'être une lady. Elle était habillée simplement ce soir, parce qu'elle n'avait pas besoin de se faire remarquer et parce qu'elle avait besoin de pouvoir bouger librement. En repassant dans le bar, elle déposa un billet sur le bar accompagné d'un sourire en direction du barman qui la salua de la main. Accueillir mademoiselle Park, faire en sorte qu'elle n'ai pas d'ennuis et la laisser se battre sans la mettre à la porte lui valait de belles réduction sur l'alcool qu'il achetait, alors pourquoi sans serait-il plaint. Elle disparut par la porte de derrière.

Elle avança de quelques pas avant de lever les yeux sur une silhouette. Un homme, de taille moyenne, de poids... léger. Un sourire éclaira brièvement ses lèvres alors que de ses yeux disparaissait la brume de l'alcool pour s'installer la flamme du combat. Quand celui-ci lui adressa la parole, il ne se doutait pas qu'il faisait une grave erreur.

Hey mademoiselle, tu cherches de la compagnie..?
Il était ivre, elle aurait pu l'éviter sans problème. Le truc était qu'elle n'avait aucune envie de l'éviter. Il n'avait rien fait de mal, mais tant pis pour lui. Certains sont malchanceux, 'est tout. Et puis, dans ces ruelles un peu désertes qui traçaient leur chemin derrières les bars du quartier Est, elle ne risquait pas vraiment de se faire interrompre, surtout à une heure si tardive. Elle décolla sa main du mur et lui adressa un sourire des plus avenants.
Effectivement mon chou, je cherche de la compagnie...

La surprise face à cette réponse innatendue eu à peine le temps de s'inscrire sur son visage que Leila était face à lui et lui envoyait au visage un coup de poing violent. Vous me direz qu'avec de l'alcool dans le sang, elle ne devait pas être bien efficace, mais ce serait sous-estimer les capacités d'une Leila ivre. De plus, l'adversaire n'était pas vraiment dans un meilleur état qu'elle. Elle n'eut aucun mal à le mettre à terre. Elle aurait peut-être du s'arrêter alors, mais le sentiment de soulagement était trop fort, et l'alcool l'empêchait de raisonner. S'arrêter aurait été stupide alors que rien ne l'y forçait. Elle n'avait qu'à savourer le moment présent tandis que l'homme sur lequel elle tapait perdait quelques dents.
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Lola Dermekis
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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 26 Fév - 20:34

Vivre avec grandeur et décadence, le rêve de toute une vie n’est ce pas ? Je ne sais pas pour la grandeur mais pour ce qui est de la décadence je dois dire qu’on s’en est pas trop mal tiré. La jeunesse restera la jeunesse quoi qu’on en dise, quoi qu’on lui fasse. Nous sommes tous de sales petits débauchés pervertis par un monde pourri de l’intérieur. Même ceux qui prétendent le contraire. Le dôme n’a rien changé à l’affaire. J’aurais même tendance à dire qu’il n’a fait qu’amplifier un courant déjà existant. Le monde nous a oubliés mais nous, nous n’oublions rien. Nous savons pertinemment que nous sommes enfermés sous une jolie coupole de verre, que c’est pas près de changer. Alors même si on s’en fout, même si ça ne changera pas grand-chose à nos vies, même si on a apprit à vivre avec, on a quand même le droit d’être en colère ou du moins de faire semblant. Qui irait nous reprocher d’être des gosses immatures qui se flinguent avec gaité ? Qui irait nous reprocher de ne rien attendre de l’avenir ? Personne. On est tous rongés de désillusions et de regrets. Les adultes encore plus que nous. Prenez ma mère, elle se bourre de médocs pour oublier qu’elle ne pourra jamais sortir d’ici. Ironique n’est ce pas ? Accumuler les addictions pour oublier sa dépendance. Dans le fond ça ne change pas grand-chose, elle a toujours besoin de bouffer des fraises mais ses pilules miracles lui font oublier ses envies de suicide d’après le médecin. Alors… Alléluia !… Je suis sur qu’à l’heure qu’il est, les magasins pharmaceutiques vouent un culte au géni qui a tenté de les éradiquer. Parce qu’un chose est sur, à jouer les savants fous, il ne nous a pas délivrés de nos petites manies quotidiennes. Les antidépresseurs comme garant de l’humanité. Laissez moi rire. Pour ma part, je ne fais de pas de dépression. Pas encore. Ça viendra peut-être avec le temps. Mais nous sommes forgés par notre environnement. Quoi qu’on fasse, quelle que soit notre réaction face à lui. L’accepter ou le haïr ne change pas grand-chose à l’affaire. Le dôme nous a, à tous, inculqué une philosophie de vie. Si je devais la résumé en quelques mots je dirais : « le monde est une vaste connerie qui n’attend qu’un prétexte pour nous péter à la gueule ». Dans ces conditions, croyez moi mes amis, il faut mieux mordre la vie à pleine dent tant qu’on en a encore l’occasion. Vivre au jour le jour et emmerdé le lendemain, y a que ça de vrai. C’est du moins ainsi que j’envisage les choses et je sais que je ne suis pas la seule dans mon cas.

Alors qu’est ce qu’on fait ? A quoi on joue ? On joue aux rois du monde. Nous n’avons pas de limite, pas de barrière. On regarde ce qui nous entoure avec l’indifférence de l’innocence et on rit au visage de la prudence. Ce soir ne fait pas exception à la règle. La ville nous appartient et pour ma part je vais trainer ma carcasse d’enfant rebelle dans un bar du quartier est. Blouson de cuir, eyeliner et bas résille, je ne ressemble pas à grand-chose. Mes cheveux attachés plus ou moins artistiquement sur le haut de ma tête, je laisse mes pieds chaussés de boots trop lourde trainer sur le sol. Je n’attends rien de spécial, je vis juste le moment présent. La musique résonne, trop fort pour le commun des mortels, mais le son qui fait vibrer mon cœur me transporte de joie. Mes écouteurs déversent toujours dans mes oreilles leur niaiserie habituelle mais les enceintes couvrent le tout et les notes se mélangent jusqu’à faire disparaitre le son vomitif des joyeux oursons. Ce n’est pas une bonne idée, je sais, mais vous savez quoi ? Je m’en fous, c’est tellement bon de pouvoir, enfin, un peu changer de refrain que je suis prête à voir venir le manque. Les gens m’entourent, arrivent, repartent, je les salue, échange deux mots, passe à quelqu’un d’autre. Je ris, je bois, je danse, je parle trop fort. La vie n’est peut-être pas si moche que ce qu’on voudrait nous le faire croire. Je ne sais pas exactement quelle heure il est. Sûrement trop tard. Sûrement le matin. Mais ce n’est que le début n’est ce pas ?

Une chanson plus douce vient remplacer l’électro assourdissante qui nous accompagnait jusque là et j’en profite pour aller prendre l’air. Fumer une clope, me faire un shoot aux bisounours, me mettre en forme pour que la suite n’en soit que meilleure. Je me faufile entre les tables où s’accumulent les verres à moitié vide, slalomant entre les corps échauffés de cette nuit ordinaire. Je me glisse discrètement par la porte de derrière, savourant malgré moi le retour en force de ma mélodie entêtante. Du sac qui bute contre ma hanche je sors un paquet de cigarette dont j’extrais une occupante pour la porter à mes lèvres. Pendant que je tire ma première latte je fais quelques pas dans la ruelle crasse qui m’offre ses bras, laissant mes yeux vagabonder de droite à gauche. Un peu plus loin, une silhouette étrange captive ma pupille. C’est un drôle de corps humain qui me fait face, une masse mouvante qui semble avoir plus de mains que la normale. Je m’approche intriguée et arrivée à une distance raisonnable je comprends enfin le spectacle qui s’offre à moi. Une fille à califourchon sur un pauvre quidam et entrain de lui mettre la raclé du siècle. Sur le coup je ne peux m’empêcher de me marrer intérieurement, encore un pauvre con qui s’est imaginé tomber sur une fille facile. Allez vas-y frappe ma belle, montre lui qu’avoir des couilles ne suffit pas à être le dominant. Sauf qu’en réalité la scène n’a rien de drôle. Je m’apprête à les laisser en tête à tête quand les yeux de l’homme croise les miens. C’est de la peur à l’état pur que j’aperçois dans son regard. Suite à un nouveau coup de la jeune femme, sa tête part en arrière et vient butter contre le parvis pendant qu’il ne perd conscience. Je ne suis pas la plus grande fan de l’humanité qui existe, la plus part du temps je lui crache même allégrement dessus, mais cela ne m’empêche pas de faire preuve d’un minimum de bonté de temps à autre.

- Je crois qu’il a eu son compte…

Ma phrase résonne dans l’air mais l’inconnue colérique ne semble pas l’entendre. Je m’approche et lui saisis le bras pour lui faire cesser ses coups mais elle se dégage avec une force que je ne soupçonnais pas. Elle ne semble même pas se rendre compte de ma présence. Une vraie furie. Sauf que ce n’est pas n’importe quelle furie. C’est Leila. Je ne l’avais pas reconnue jusqu’à présent, sans doute parce que je ne pouvais pas imaginer cette jeune fille de bonne famille capable d’un tel acte.

- Putain Leila, arrête ! Tu vas le tuer ! Merde, Leila déconne pas !LEILA ARRÊTE !!

Je suis là comme une conne à gueuler dans la rue pour que cette cruche ne fasse pas une grosse connerie et je commence à sentir la panique me prendre aux tripes. Mais à quoi elle joue, bordel !

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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 26 Fév - 21:41

Quelqu'un lui parle? Et alors? Quelqu'un lui attrape le bras? Et alors? Mais si quelqu'un la reconnaît... Alors qu'elle s'arrête brusquement, la flamme de folie qui brillait dans ses yeux s'éteint pour y laisser planer un soupçon d'horreur. Ce sont les mauvais souvenirs qui refont surface, mais personne ne doit la voir quand elle se laisse aller. Elle s'entend appeler faiblement son père sans rien pouvoir y faire alors qu'elle se trouve au dessus d'un corps ensanglanter. Elle regarde ses mains abîmées, sa chemise maculée de sang... Elle n'est pas encore dans l'état de ce jour là. Elle se mord brusquement la lèvre pour se réveiller. Non, ce n'est pas le moment de penser à Jules. Surtout qu'il y a apparemment quelqu'un qui la connaît dans les parages. Elle fronce les sourcils, elle ne peut pas laisser quelqu'un aller raconter ça. Son psy est persuadée qu'elle contrôle ses problèmes d'addiction. Elle les contrôlait d'ailleurs plutôt bien jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi ne s'était-elle pas laisser aller, et pourquoi n'avait-elle pas frappé cet idiot au bar quand il y avait deux videurs pour la maîtriser en cas de pêtage de plomb? Parce qu'elle avait encore décidé de se croire plus forte qu'elle ne l'était, et de ce fait, elle avait failli causer la mort d'encore une personne. Alors qu'elle sentait sa gorge se nouer en fixant le visage de sa victime qui était à présent dans les vapes, elle préféra passer à autre chose en se retournant pour voir qui lui avait évité de faire un bêtise plus grosse qu'elle.

Quand elle croisa le regard de Lola, elle resta un instant pétrifiée. Si Lola savait, Archibald pourrait le savoir... Mais bon, Archibald n'était pas tant un soucis que ça, il connaissait son addiction. Mais le truc était de savoir si ce petit abruti aurait la bonne idée de ne rien en dire à ses parents, ce serait tout de même préférable qu'il sache tenir sa langue. Enfin, elle verrait cela avec lui, plus tard, si nécessaire. Elle prit conscience de sa position légèrement ridicule et décida d'y remédier.

Leila se releva, tituba légèrement. Et merde, j'aurais pas du forcer sur le champagne... Elle s'adossa sur le mur et rattrapa son sac à main qu'elle avait laissé tomber, en sortit un mouchoir et commença à s'essuyer les mains. C'est pas le tout d'être pleine de sang, mais ce n'est pas franchement ragoutant. Au vu de ses articulations bien abîmée, elle en déduisit que le sang en question n'était pas que celui de l'homme qui gisait là, peut-être aussi le sien. Un peu du moins. Ça va, je sais que je ne suis pas la plus à plaindre... Après avoir contemplé son travail d'un air plus que neutre, elle ramena son regard sur Lola. Décidément, elle ne l'avait jamais trop aimé celle-là, mais pour une fois, elle avait fait quelque chose d'utile. Leila ne réussit pourtant pas à lui sourire. Non, elle n'était vraiment pas d'humeur. Et quand elle lui adressa la parole, son ton était sûrement un peu trop sec.

Qu'est-ce que tu fais là toi?

A peine avait-elle prononcé ces mots qu'elle songea que ce n'était peut-être pas le moment de faire la discussion à cette demoiselle, aussi charmante soit-elle, aussi utile ai-t-elle été en l'empêchant de tuer quelqu'un. Elle se décolla du mur, fourra son mouchoir plein de sang dans son sac et, sans plus de cérémonie, repartit vers le bar qu'elle avait quitté quelques instants auparavant. Il valait peut-être mieux appeler une ambulance, elle ne voulait pas de complications.

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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Sam 3 Mar - 13:37

Moi à mon bisounours, je lui fais des bisous.
Un visage défiguré, marqué de rouge, bientôt de violet. L’arcade sourcilière s’est ouverte et le sang coule dans l’œil. Les lèvres sont boursouflées, abîmées. Un tableau d’art abstrait, contemporain. Une œuvre étrange qui un jour a été humaine. Les traits sont distordus, lignes inégale et désordonné. Un gribouillage d’enfant où rien n’est à la bonne place.
Des gentils, des tout doux, des géants, des tout fous.
Violence. Colère. Folie. Tant de chose, de mots écrit sur cette surface autrefois lisse. Mais toujours le même champ lexical offert dans un langage nouveau : Celui du poing. Elle a pourtant l’air si fragile cette gamine des quartiers chics. Petite Leila est devenue grande, dangereuse, sauvage.
Un bisou sur la joue, un bisou dans le cou.
Elle se redresse contemple son œuvre. Du rouge, du rouge, encore du rouge, sur ses petits doigts, sur ses vêtements, peut-être un peu sur sa conscience. Elle murmure un appelle à l’aide que je ne comprends pas. C’est un lent retour à la réalité.
Car mon p'tit Bisounours, il adore les bisous.
Je la regarde se relever, tanguer sur ses jambes incertaines. Je la regarde et j’ai l’air d’un poison hors de son bocal, la bouche ouvert, les yeux écarquillés. Elle, lui, elle, lui, je ne sais plus sur qui focaliser mon attention.
Des bisous partout OUH OUH OUH OUH, sur le nez dans le cou OUH OUH OUH OUH.
Ta gueule, ta gueule ! Putain de chanson de merde ! Je voudrais arracher mes écouteurs, fracasser mon lecteur sur le sol, le piétiner jusqu’à ce que plus aucune note ne puisse en sortir. Mais ça n’arrangera rien. Je le sais. J’en ai besoin. Besoin de ces mots ridicule qui parlent d’un monde qui n’existe pas. Les Doors à plein volume qui me chanteraient This is the end voila qui correspondrait tellement mieux à la situation. Mais non je n’ai pas le droit à ce petit privilège, et la musique continue pendant que je regarde cette scène surréaliste.
Des bisous, des bisous, des milliers de bisous et encore des bisous OUH OUH OUH OUH.
Pendant que Leila s’adosse contre le mur, je m’accroupis à côté de la victime histoire de m’assurer qu’elle est vivante. Son cœur bat, c’est déjà ça. La jeune femme à côté de moi s’essuie tranquillement les mains. C’est hallucinant, ce calme face à tout ça. Je crois que j’aurais préféré qu’elle tremble, qu’elle crie, qu’elle s’effondre. Je l’aurais trouvée plus humaine.

Qu'est-ce que tu fais là toi?


Moi à mon Bisounours, je lui fais des bisous.
Ouais c’est peut-être ce que je devrais lui répondre, je suis partie à la recherche de mon bisounours pour lui faire des bisous, mais je ne suis pas sur que l’ironie convienne à la situation. Je lève les yeux sur elle, atterrée. Je t’empêche de finir en taule poufiasse ! Sérieusement c’est quoi cette question à la con ! Moi je suis légitime dans mes actes, j’ai rien à justifier, elle en revanche, c’est une autre histoire. Mais je n’ai pas le temps de lui demander des explications que déjà elle me tourne le dos et se dirige vers le bar. Et moi comme une conne je lui cours après et l’attrape par le bras, lui jetant mon blouson de cuir sur les épaules.

Putain Leila, tu ressembles à jack L’éventreur ! Tu peux pas rentrer là-dedans comme ça !


J’exagère à peine, avec le sang qui macule sa chemise, sûr qu’elle fait peur à voir et puis ses mains sont dans un état lamentable. Mais à quoi elle pense bordel ?! Et moi ? A quoi je pense moi ? J’en sais rien. Je sais même pas pourquoi je veux l’aider. Leila et moi ça n’a jamais été l’amour fou. Me demandez pas pourquoi, je suis pas sûr de pouvoir répondre. J’ai toujours eu du mal avec elle c’est tout. Parce qu’elle est trop différente de moi je suppose, trop riche, trop snobe, trop… trop l’ami d’Archi en faite. Ouais à la base ça devait être à cause de ça. Parce que mon cher petit guitariste me l’a présenté à une période où il me tapait sérieusement sur le système alors forcément… On n’en est jamais arrivé à se taper dessus et à s’insulter de tout les noms certes mais entre nous ça à toujours été une froide indifférence alors pourquoi tout d’un coup j’agis face à elle comme si je lui devais quelque chose ? Comme si elle était mon ami ? Allez savoir…. Mais au point où j’en suis autant aller jusqu’au bout non ?

Si tu te montres comme ça, ils vont appeler les flics direct. Je sais pas ce que ce mec t’as fait mais vu son état t’auras du mal à faire croire à qui que ce soit que c’est toi la victime…

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 4 Mar - 19:24

Leila n'a qu'entraperçu l'air atterré de Lola. Cela aurait du la faire sourire. Pouvoir se moquer de quelqu'un, y a-t-il meilleure solution pour passer un coup de blues? Mais quelqu'un de normal n'aurait jamais appelé cela un coup de blues. En même temps, quelqu'un de normal n'aurait jamais fait ça. Les autres ne pouvaient pas comprendre, même les autres neuropathes. Ils ne pouvaient pas la comprendre et elle ne pouvait pas les comprendre. Le problème était juste que son addiction avait des répercussions un peu plus problématiques que celles des autres. Quoi qu'il devait exister des addicts au meurtre, sans aucun doute au vu des tueurs en série du coin. Les cadavres que l'on trouvaient, tués de façon rituelle... Si elle laissait aller son addiction, elle savait qu'elle finirait comme l'un de ces psychopathes. D'ailleurs, elle devait avoir fait ce genre d'effet à la demoiselle qui l'avait surprise. Mais Lola était de toute évidence une trop grande gueule pour se laisser impressionner par la folie d'autrui. C'était sa grande gueule qu'elle avait toujours trouvé assez désagréable, mais c'était cette grande gueule qui lui avait permis d'éviter la prison. Oh, Valentin m'aurait permis de l'éviter encore une fois, surement, mais bon... Eviter de tuer quelqu'un est une bonne chose. Quand on est fou et qu'on le sait, on a tendance à trop relativiser peut-être.

La voix de Lola la fit s'arrêter alors qu'elle approchait de la porte du bar. Jack l'éventreur? Oh, il devait être plus propre que ça quand il perpétrait ses meurtres. Il y a quelque chose de sale dans la spontanéité. Elle ne put retenir un rire nerveux. Elle sentait que son estomac voulait passer par dessus bord et il en était hors de question. Elle inspira un grand coup et ses mains cessèrent de trembler. Elle avait l'air folle, mais si elle ne pouvait dominer son addiction, elle pouvait contrôler sa peur, son dégoût, son stress... Elle pouvait se contrôler, même si elle ne pouvait s'empêcher de songer à ce plaisir malsain qui l'envahissait à chaque fois qu'elle avait les pleins pouvoirs sur quelqu'un. Elle n'était pas bien grosse et elle ne maîtrisait que rarement les autres, mais sentir que ses poings pouvaient la protéger, lui servir d'arme... Le fait de satisfaire son addiction avait ce quelque chose de dérangeant que ce n'était pas seulement libérateur, c'était également jouissif.

Le tout était que Lola avait soulevé un point intéressant. Se retrouver en taule, même si elle était sure que son père l'en tirerait expressément, était la dernière chose qu'elle souhaitait pour cette soirée. En plus, elle n'aurait pas le temps de se changer avant qu'on ne l'embarque. Elle se retourna vers la demoiselle alors que celle-ci supposait que l'homme lui avait fait quelque chose. Il me semble qu'il a dit quelque chose avant que je me laisse emporter... Une provocation? Peut-être, mais cela n'a pas vraiment influencé mon comportement. Au moins, elle était lucide, mais elle n'allait certainement pas faire part de ses réflexions à l'autre. Elle la dévisagea un instant, l'air légèrement blasé. Elle pouvait accuser sa victime de tous les mots du monde, son avocat magique réussirait à faire gober l'histoire à n'importe quel juré.

Tu proposes quoi de mieux? Il faut bien appeler quelqu'un, je vais pas le laisser crever là.
Elle avait définitivement un peu de mal à se montrer charmante ce soir. L'alcool? Peut-être. Le fait qu'il s'agisse de Lola? Sûrement.
Et ça va? Jack te fait pas peur?
Hola! Si Leila commençait à faire de l'humour pas drôle dans une telle situation... Mais elle avait les nerfs en pelote, elle avait l'impression que son coeur allait imploser, et elle sentait bien qu'il fallait qu'elle laisse s'écouler cette amertume d'une manière ou d'une autre. Lola l'avait sauvée, mais elle était malheureusement la seule personne dans les parages. Certes, le ton de l'asiatique n'était pas agressif, mais l'on pouvait presque palper la tension qui habitait ses mots. N'importe qui de prudent l'aurait laissée en plan pour appeler les flics et qu'elle se fasse embarquer. Mais si elle avait bonne mémoire, la prudence n'était pas la plus grande qualité de Lola. En même temps, elle ne lui connaissait pas vraiment de qualité, leur relation n'étant pas vraiment fusionnelle...

Elle croisa les bras et s'adossa d'un air assuré contre le mur le plus proche. Si elle remettait en question l'affirmation de Lola qui lui interdisait d'entrer dans ce bar, elle n'y obéissait pas moins. Il était vrai qu'elle faisait peur. Et son air assuré trop neutre n'était qu'un faux semblant. Le fait était qu'elle avait surtout du mal à tenir sur ses jambes sans soutient et immobile pendant un temps trop long. Le mur était son ami et sa froideur calmait presque ses nausées.

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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 11 Mar - 2:01

Elle se marre ?! Putain, cette fille a du être bercée trop près du mur quand elle était petite. Elle est complètement givrée. Parce que même en y regardant de plus près la situation n’a rien de comique. J’ai l’impression de me retrouver face à une parfaite inconnue. Et la sensation est plutôt dérangeante. Jusqu’à maintenant je n’avais jamais vraiment prêté attention à la jeune femme brune. Pour moi elle faisait partie du paysage, un peu comme les moustiques, point bar. Il n’y avait rien à dire de plus. Elle venait au concert, félicitait Archi, me lançait des regards froids et inexpressifs. Et ça m’allait très bien. Une vague gêne dans ma bulle, une petite tâche que je pouvais ignorer en détournant la tête. Et voila qu’elle se révélait être une psychopathe en puissance ! Une cinglée bonne pour l’asile ! Une fille qu’on ne met définitivement pas hors de son champ de vision. Je dois reconnaitre que c’est légèrement angoissant de savoir que pendant tout ce temps, je la croyais inoffensive. J’ai peut-être faillit me faire tuer des centaine de fois, qui sait ?! Peut-être que dès qu’on lui tourne le dos, elle a les yeux qui manquent de lui sortir des orbites et la bave aux lèvres. Plus j’y pense et plus Leila devient, dans mon esprit, un personnage digne des meilleurs films d’horreur. Stephen King aurait eu tout intérêt à s’en inspirer s’il avait eu l’occasion de la connaitre. Leila ou le remake de massacre à la tronçonneuse. Leila ou l’enfant de Rose-Marie Baby. J’en rajoute ? A peine ! Je ne suis pas vraiment du genre « gentille fille sage ». J’ai une grande gueule, une confiance trop marqué dans mes propres actions, et un tempérament qui a tendance à faire des étincelles. Oui, je suis loin du modèle de jeune fille parfaite qu’on aimerait voir entrer dans la famille - bizarrement ce rôle reviendrait plutôt à Mlle Park -et moi aussi je sais taper quand il le faut. Parce que le monde est cruel et qu’on doit tous apprendre à y survivre. Mais de là à en arriver au niveau de Leila ? Prions Dieu ou ce qui s’en rapproche que je ne tombe jamais aussi bas. Chez moi frapper est un outil, pas une satisfaction. Une nouvelle fois je regarde le visage de l’homme qui git parterre. C’est-il seulement défendu ? Ou a-t-il subit les coups sans comprendre ce qu’il lui arrivait, sans esquisser un geste, un frémissement. Je ne crois pas avoir vu de marque sur le joli minois de la jeune femme. Je ne crois pas y avoir vu quoi que ce soit. De la culpabilité ? Du remord ? Du regret ? Rien de tout ça. Juste la surprise d’être dérangée et peut-être aussi la déception.

Tu proposes quoi de mieux? Il faut bien appeler quelqu'un, je vais pas le laisser crever là.

Ses mots me rassurent. Un peu. Pas tout à fait. Au moins elle n’en est pas encore à envisager un meurtre de sang froid. Pour être tout à fait honnête, quand je l’ai vu s’éloigner, il y a quelque instant, je n’avais pas dans l’idée qu’elle allait appeler les secoures. Je l’imaginais plus aller s’offrir une autre bouteille de champagne pour être tout à fait franche. Je ne suis peut-être pas tout à fait en face d’un monstre finalement. Mais pour ce qui est de sa question je dois avouer que je n’en sais rien. Je n’y ai pas vraiment réfléchi sur le coup. Si on était des supers mutant à la X-men, l’une de nous aurait surement où un don de guérison et le monde serait tout beau, tout gentil, et patati et patata. Sauf que voila, nous ne sommes que des mutants en mousse. Des pseudos évolutions de l’humanité qui n’ont définitivement rien gagner des théories Darwiniennes. Alors je ne sais juste pas. Je n’ai jamais été confronté à ce genre de situation. Je m’en serais bien passer comprenez-moi bien, mais maintenant que je me retrouve plongée dedans jusqu’au cou… Je dois faire avec comme on dit. Lola ou comment s’attirer des emmerdes juste en claquant de doigts ! Si seulement je n’avais pas décidé d’aller fumer ! Si seulement ! Mais non, j’ai un talent inouï pour me retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Parce que des « si » dans cette situation je suis sûr que je pourrais en trouver des tonnes. « si j’étais aller fumer devant le bar », « si je ne m’étais pas approcher pour voir », « si je ne l’avais pas interrompue », si, si, si… Avec des si on referait le monde !

Et ça va? Jack te fait pas peur?


Je lui jette un regard noir. C’est ça, fait la maline, ma petite ! Fait la maline ! J’attends avec impatience le jour ou tout ça te retombera sur la gueule ! Oui c’est vrai, je flippe un peu. Pas pour moi, pour l’humanité. Mais ça ma belle, tu ne le sauras pas. Je suis trop fière pour ça. Et puis, je n’ai pas peur que tu me fasses du mal à moi, je sais me défendre. Je me demande juste où on va avec toutes ces conneries. Je me rapproche de l’asiatique, laisse tomber ma clope au sol et l’écrase rageusement.

J’emmerde Jack…

On reste quelque seconde à se regarder dans le blanc des yeux, sûrement à se demander qui dégainera la première. J’ai une furieuse envie de la planter là et de retourner à ma vie comme si rien ne s’était passé. Mais je ne peux pas. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais fichtre rien ! Je reprends donc la parole, agressive. Après tout il ne faut pas trop en attendre de moi, je me trouve déjà bien bonne d’essayer de l’aider, alors si en plus il faut être aimable ! On n’est pas dans la merde !

Ecoutes ma belle, c’est toi qu’es dans la merde. Pas moi. Alors si t’essayais de faire fonctionner les deux neurones qui tournent dans ta petite tête, p’t-être que tu trouverais une solution ! Je t’ai déjà empêché de commettre un meurtre, Tu voudrais pas que je te torche le cul au passage ?

Aider ? J’avais dis aider ? Bizarre ce n’est pas exactement à ces mots-là que j’avais pensés quand j’ai envisagé cette option. Mais Leila est une personne tellement formidable, extraordinaire, merveilleuse, qu’elle pousse sans conteste à la gentillesse. En réalité des idées intelligentes pour la tirer de là, j’en ai quelques-unes, mais ça serait trop facile de les lui servir sur un plateau d’argent. Elle a peut-être l’habitude que tout le monde s’aplatissent devant elle mais je ne suis pas une de ses putains de domestiques !

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Leila Park
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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 11 Mar - 17:26

Leila resta de marbre. Son humour n'était de toute évidence pas au goût de l'autre. Mais avait-elle seulement de l'humour? A la voir se prendre au sérieux comme elle le faisait toujours, on pouvait se le demander. De toute évidence Lola voulait la provoquer. C'était quoi son délire à cette gamine stupide? Elle avait envie d'énerver la coréenne de nouveau? Elle voulait se faire frapper à en perdre conscience, à en mourir? Si c'est ce qu'elle veut, elle me signe un papier me déchargeant de toute responsabilité et je lui ferais l'honneur de lui refaire son portrait... Si quelques pensées que l'on pourrait penser déplacées lui traversèrent l'esprit, Leila ne se départit pas de son sourire affable alors que Lola la fixait comme pour la mettre au défi. Elle se dit qu'elle pourrait lui gerber dessus de façon totalement innocente vu l'état dans lequel elle était, mais elle savait bien que ce n'est pas bien vu socialement. On ne vomit pas sur les gens, c'est impoli. Et si elle se foutait bien d'être polie ou non avec cette petite garce, elle n'aimait pas vomir (qui aime?), alors elle préfèra retenir ses nausées même si cela n'arrangeait rien.

Non merci, mon cul mérite mieux que ça.

Le ton était aussi glacé que son sourire était aimable. Les yeux de Leila pétillaient et elle sentait remonter en elle un peu de cette furie qu'elle devait pourtant contenir coûte que coûte. Cette sale gosse qui ne connaissait rien à la vie ne méritait rien de mieux qu'une baffe, mais elle savait qu'elle ne pourrait pas se retenir d'aller plus loin qu'une unique baffe. Elle se prenait pour la sauveuse de l'univers avec ses grands airs. Madame se croyait meilleure que tout le monde... Cette petite conne avait le don de la mettre en rage, même si elle ne le montrait jamais. Elles s'étaient méprisées dès le premier jour, leur relation était parti d'un mauvais pied, mais à qui la faute? Leila n'aimait pas qu'on la regarde de haut, et on ne peut pas lui dire ce qu'on pense à moins de la connaître un peu. C'est ainsi que procède le commun des mortels : on apprend à connaître quelqu'un avant de le regarder avec dédain ou mépris. Mais Lola était venue avec sa grande gueule pleine d'amertume et lui avait plombé sa soirée. Le pire étant qu'elle n'avait pas pu lui coller un poing dans la figure parce qu'elle chantait pour le groupe d'Archibald.

Depuis, il était toujours resté cette minuscule envie de rattraper cette erreur. Lola était à ses yeux une nana qui pétait plus haut que son cul parce qu'elle se prenait pour une star. Une de ces sales gosses qui croient que l'on boit pour s'amuser et qui ne sait rien de ce qu'est la vie. Si Leila en savait plus? Elle avait grandit en tout cas, elle n'était pas comme ces gosses qui pensent passer leur vie à faire de la musique. Elle était certes amie avec Archi mais elle n'avait pas grand chose de commun avec lui.

Elle se dégagea pour s'éloigner de Lola. Elle n'allait pas supporter que cette idiote la colle jusqu'à la fin des temps. Il y avait pas loin dans la ruelle une cabine téléphonique. Elle y inséra quelques pièces en prenant le combiné.

Hey Marco, c'est Leila. J'ai eu un problème en sortant de ton bar, appelle les pompiers ou un truc du genre. ... Non, t'inquiètes, rien de trop grave. Et si tu mentionnes mon nom, tu sais que tu es un homme mort. Merci.

Elle raccrocha aussi vite. Marco était un barman efficace, à la botte de son père vu qu'il lui fournissait de l'alcool. Et du coup, il était assez sympa avec Leila. Il était de plus suffisamment malin pour ne pas lui chercher de noises quand son addiction prenait le dessus, contrairement à d'autre. Elle l'avait menacé parce que c'était son habitude, mais elle savait bien qu'elle pouvait lui faire confiance. Il n'était pas du genre à dire ce qu'il savait à qui que ce soit, surtout pas gratuitement. Et puis il savait où se trouvaient ses intérêts, et il comprenait que certaines personnes aient du mal à gérer leurs addictions. Lui au moins ne la prenait pas pour une folle et n'était pas méprisant. Elle se tourna vers celle qui était effectivement méprisante et semblait croire que son addiction était plus honorable que celle de la demoiselle. Comme si les bisounours avaient quelque chose d'honorable...

Tu comptes rester là à attendre les secours à ses côtés ou tu vas te bouger?

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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Mar 20 Mar - 19:46

Et elle reste là à sourire comme une conne. Si seulement je pouvais lui imprimer la marque de mon poing en relief sur le visage, je suis sur que je me sentirais beaucoup plus détendue. Mais ce ne sont pas des choses qui se font – sauf bien sûr quand on s’appelle Leila Park – alors le mieux c’est encore de prendre sur soi et de ne pas péter un fusible. Il parait que j’ai un talent fou pour rester inexpressive quand la situation l’exige et c’est donc ce que je m’évertue à faire pour l’heure. Elle sourit. Je ne réagis pas. Elle sourit toujours. Je continue à jouer mon rôle. Putain d’hypocrite de merde ! Toutes les deux ! On ferrait mieux de s’insulter copieusement, de s’envoyer joyeusement nos quatre vérités à la gueule, je suis sur qu’après la vie nous paraitrait plus rose. Mais non, faut qu’on reste à se regarder bien sagement en attendant de voir ce que notre vis-à-vis prépare.

Non merci, mon cul mérite mieux que ça.


Le ton monocorde et la sècheresse de sa phrase ne m’arrache qu’un sourire froid et sarcastique. Garde tes piques à deux balles Leila, ils ne m’atteignent pas. Toi et ta connerie ne sont qu’un épi phénomène dans mon univers. Aucune de nous deux ne cédera, j’en ai l’intime conviction. Peut-être que par certain côté on se ressemble. Un peu. Notre fierté par exemple. En réalité je la déteste. Je la déteste vraiment. Elle m’insupporte plus que bien des gens et pourtant je suis loin d’aimer beaucoup de monde. Oui elle me donne des démangeaisons tellement elle m’exaspère. Pourtant je préfèrerais crever que de le reconnaitre. Nous sommes deux monolithes de glace qui se font face. Envoyer des phrases percutantes comme des coups en pleine gueule mais ne jamais laisser transparaitre sa rage, telle est la règle. Mais si l’une de nous venait à craquer ? Je pense que la rue ferait des étincelles ! Un joli feu d’artifice ! Oui je nous crois bien capable de faire dans la surenchère de connerie.

Je continue à fixer le mur pendant que Leila me contourne, tentant de prendre sur moi, de respirer un bon coup pour ne pas perdre mon calme la première. Je finis par me reconnecter à ce qui m’entoure. J’aperçois la jeune femme un peu plus loin dans la rue, entrant dans une cabine téléphonique. Je me demande vaguement si elle est entrain d’appeler les flics, ça me paraitrait bizarre, mais après tout, elle l’est, alors… Honnêtement je suis larguée, complètement à la ramasse. Je me contente de surnager dans cette merde de situation qui est la notre. La notre. Putain de mot ! C’est tellement étrange de penser ça. Comme si un « notre » était possible entre Leila et moi ?! Notre Archibald. Peut-être. A la limite. Et encore. Mais cette situation ne m’appartient pas. Elle n’appartient à personne. Pourtant je suis dedans quand même. Je me laisse tomber de nouveau au sol à côté de l’homme blessé, vérifiant qu’il n’a pas passé l’arme à gauche pendant que nous avions notre joyeuse discussion. Il respire, péniblement mais il respire. Je vois son ventre se soulever et s’abaisser au rythme lent de ses poumons se remplissant d’air. Ça tien à si peut de chose la vie. Juste un peu d’air. Je me demande s’il a mal, même dans son inconscience. Et puis je me demande si Leila y pense. Je ne sais même pas pourquoi j’en reviens à elle. Invariablement. Je suppose que je veux me rassurer. J’aimerais savoir qu’elle a des sentiments, qu’elle n’est pas un monstre. Les remords, tout ça, tout ça…. Ce qui fait de nous des êtres humains. Aussi forte que soi mon aversion pour elle, j’aimerais pouvoir lui trouver des excuses. Sûrement parce que je sais que je vais devoir continuer à la fréquenter. Ça m’aiderait à ne pas vomir quand je la vois. Ouais ça doit être ça…

De la cabine téléphonique je l’entends vaguement expliquer la situation à quelqu’un, demander des secours. Un pragmatisme à toute épreuve. A se demander pourquoi je me prends la tête avec tout ça, elle semble tout à fait capable de gérer la situation. Ce n’est peut-être pas la première fois que ça lui arrive. Une récidiviste ? qui sait…

Tu comptes rester là à attendre les secours à ses côtés ou tu vas te bouger?


Accroupie près de l’homme je lève les yeux vers elle, énervée. Ça lui arracherait la gueule de faire preuve d’un minimum de politesse et de reconnaissance. Parce que sans moi elle aurait bien plus de sang sur les mains qu’à l’heure actuelle. Suffisamment pour qu’un simple coup de fil ne suffise pas à régler le problème. Je me redresse en serrant les dents, lui faisant de nouveau face.

Je voulais m’assurer que tu ne t’amuse pas à finir le travail dès que j’aurais tourné les talons…

Mesquin ? peut-être. Je ne la crois pas vraiment capable d’un tel acte. Je sais que mes mots peuvent blesser mais elle l’a cherché à joue avec mes nerfs. Je sais aussi manier ma langue quand il le faut et à défaut de lui taper dessus, je n’ai rien trouvé de mieux.

Je t’en pris… passes la première...

Un souris rayonnant vient s’accrocher à mes lèvres. Une façade bien sûr, comme tout le reste. D’un geste de la main je l’invite à se diriger vers le bar. Une fois que nous serons entrées toutes les deux à l’intérieur, je pourrais enfin retourner à ma vie et faire comme si tout cela ne c’était pas passé. Je n’attends que ça. Allez Leila ! Du nerf ! Dépêches toi de foutre le camp que je puisse de nouveau t’ignorer superbement !

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MessageSujet: Re: Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]   Dim 25 Mar - 13:07

Elle alluma une cigarette. Non, Leila n'était pas vraiment le genre de fille qui fume, mais en ce genre de moment, elle avait juste besoin de sentir la fumée emplir ses poumons, se sentir humaine, posséder cette chose folle qu'est un système respiratoire. La blague, me direz-bous. Mais quand on n'a l'impression de ne vivre qu'à travers ses poings, il est bon de se rappeler que l'on est plus que "la chose" de la famille Adams. C'est ainsi que l'on peut se rappeler que même s'il ne tourne pas vraiment rond, au moins le monde tourne. le mouvement de ce monde pourri nous sauvera tous, n'est-ce pas? Pourquoi faut-il qu'à chaque fois que je me réveille de ces moments, je me sente obligée de penser? D'un soupir, elle expira la fumée. Elle savait que les secours n'allaient pas tarder, Marco n'était pas du genre à repousser l'exécution des ordres qu'elle lui donnait. Il était temps qu'elle mette son putain de cerveau détraqué en veille et qu'elle se remue les fesses. La réponse de Lola à sa petite provocation laissa apparaître sur ses lèvres un sourire amer.

Ne vas pas croire que ta présence aurait changé quoi que ce soit à son sort si j'avais voulu "finir le travail".

Elle ne se croit pas supérieure à la moyenne, elle sait juste que rien ne peut l'arrêter s'il faut qu'elle frappe. Le besoin est bien plus fort que la pauvre chanteuse à l'air à moitié anorexique. Non, Lola ne fait définitivement pas le poids devant le manque et la folie, elle devrait le savoir. Depuis qu'elle a tué quelqu'un, Leila a accepté qu'elle ne pouvait pas résister. C'est comme ça la vie, il y a des désenchantements. Certains sont trop naïfs, voir trop stupide, pour l'admettre. Certains n'ont pas non plus à faire face aux mêmes problème. Mais le père de Leila, s'il ne peut comprendre, au moins accepte. Avec Lola, la coréenne a simplement l'impression de passer pour une sauvage psychopathe. Si seulement c'était si simple... Ah... Quel plaisir que ce soit Lola qui l'ait trouvé. N'importe qui d'autre et la situation aurait été tellement plus simple, tellement plus agréable à vivre. N'importe qui sauf peut-être les collaborateurs de son père, surtout monsieur Calderone... Elle pria un instant pour qu'il ne se balade pas dans le quartier et puis jugea la chose inutile. Le pire était passé, maintenant, elle pourrait inventer mensonge sur mensonge pour sauver sa peau. Car y a-t-il quelque chose de plus important dans ce dôme de monstres?

Voyant que la chanteuse l'invitait à entrer dans le bar, Leila haussa un sourcil et baissa les yeux sur sa tenue. Le bar était-il l'endroit le plus adapté pour "se mettre à couvert"? Elle doutait de passer inaperçu, mais après tout... Elle était un peu connue dans le coin, et si elle avait tendance à déclencher deux ou trois bagarre à chaque fois qu'elle se montrait, elle n'était pas hyper-violente. Juste ce qu'il faut pour combler son besoin. Mais violente ou non, voir une nana passer avec une chemise maculée de sang laissait toujours un souvenir un peu trop marqué dans les esprits des quidams.
C'est alors qu'elle eu la brillante idée de repasser la veste légère qu'elle avait fourré dans son sac par dessus la chemise ensanglanté. Quand ce fut fait, elle regarda le résultat, elle ne retint pas un léger sourire satisfait. Cela suffirait. ce n'était pas comme si la lumière du bar était exceptionnelle. Tant que personne ne venait coller son nez à son ventre, elle devrait s'en sortir. Elle adressa un regard froid à Lola.

Allons-y.

Elle la précéda donc dans le bar. Pourquoi le sourire avait disparu? Peut-être parce que la fatigue commençait à se faire sentir, peut-être parce qu'elle sentait la lassitude qui s'emparait doucement de ses membres. Elle n'avait plus vraiment le temps de jouer, elle voulait juste dormir. Avant d'arriver à la porte, elle se retourna tout de même vers celle qu'elle considérait comme une gamine.
Je sais que ça va être dur pour toi, mais je compte quand même sur toi pour fermer ta grande bouche quant à cette histoire...

Elle aurait pu se montrer plus aimable pour réclamer un service, mais elle n'en avait pas envie. Cela n'était pas la peine de faire semblant d'être gentille, puisque de toute évidence, Lola ne prenait pas à ses mensonges et ses faux-semblants. Le ton n'était pourtant pas menaçant. Qu'elle en parle si elle voulait, cela ne la mènerait à rien d'autre qu'à des ennuis avec la famille Park. Et puis Leila s'en sortirait, parce qu'elle s'en était toujours sortie. Fauter sous le commandement du manque était admis par la plupart des gens qui la voyait plus comme une victime qu'autre chose. Elle savait jouer de ça, de son côté enfant sage qui ne peut se contrôler, qui regrette. Cela marcherait comme cela avait toujours marché. Si elle voulait que Lola se taise, c'était juste qu'elle ne voulait pas supporter tout ça à nouveau.

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Un incident de parcours [pv Lola Dermekis]

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