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 Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]

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Leila Park
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MessageSujet: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Ven 24 Fév - 20:07


Gabriel Calderone & Leila Park
Son père lui avait promis une soirée avec le beau Gabriel Calderone. Elle s'était préparée au pire tout en espérant le meilleur. C'était pareil à chaque fois, sauf que pour une fois, elle n'avait pas affaire à quelqu'un ayant au moins dix ans de plus qu'elle mais un petit jeune de 25ans. Peut-être pouvait-il s'avérer plus intéressant que les habituels collaborateurs de son père qu'elle avait l'habitude de fréquenter. Si elle s'efforçait toujours de paraître passionnée par leurs histoires toutes plus mortelles les unes que les autres, cela finissait toujours par mal se passer. Son ancien mari avait fait exception à la règle, il était ennuyant mais naïf et n'avait pas réussi à lire l'ennuie mortel dans ses yeux. Enfin... Il avait mis un an avant de le déchiffrer et donc de divorcer.
Enfin bon, elle fondait tous ses espoirs en monsieur Calderone, comme l'appelait son père. Un homme d'affaire. Peut-être que lui aurait l'intelligence de ne pas la prendre pour une idiote. Les autres l'avaient toujours crue trop cruche pour comprendre leurs histoires d'affaires et s'étaient à chaque fois dirigés sur des sujets plus... simples? Plus lassant en tout cas.

La chose à laquelle elle ne s'attendait pas pour cette soirée, c'était bien que son père l'envoie au théâtre. Mais monsieur Park est un homme plein de surprises. Plein de finesse surtout. Ce choix était surement motivé par le fait que ça leur éviterait d'avoir à trop se parler. Il savait que la discussion de sa fille était trop mauvaise, pas assez frivole. Il plaçait lui aussi beaucoup d'espoir en son nouveau collaborateur, il ne souhaitait pas le voir fuir sa fille dès le premier soir. Peut-être espérait-il que Gabriel tombe sous le charme du physique de Leila et en oublie son caractère inadapté pour une demoiselle de son rang..? Peut-être. Si Leila adore son père, elle ne prétend pas lire dans ses pensées. Un homme d'affaire, c'est un peu un joueur de poker : ça bluff. Et dire que si je me marie, ce sera avec un bluffeur... Qui se ressemble s'assemble!

Elle s'était préparée avec soin alors qu'une servante l'aidait, probablement chargée par monsieur Park de vérifier que Leila ne faisait pas n'importe quoi. Elle s'était toujours bien tenue, mais il préférait se méfier. Des fois, la jeune fille pouvait faire les pires idioties du monde avec pour seul prétexte de s'amuser. C'était du moins le prétexte qu'elle avançait à chaque idiotie qu'il lui reprochait. Mais soyons honnête, elle n'accumulait pas non plus les bêtises, elle restait une demoiselle sage et bien élevée qui aimait faire plaisir à son père.

Aussi, elle se maquilla à la perfection, laissa ses cheveux détachés mais peignés avec soin et enfila une longue robe noire. Non, elle n'allait pas à un enterrement, mais c'était tout comme. Les seules fois où elle allait au théâtre, c'était avec son père, quand il l'y obligeait. Avec son choix de leur mettre une soirée au théâtre, elle avait l'impression qu'il essayait de la punir pour quelque chose. Punition préventive? Histoire de lui dire : "si tu te tiens pas bien, tu sais que je peux faire pire"? Peut-être. Il en était capable. Mais elle n'avait pas peur. Elle allait assurer. Elle se promit de ne pas bailler de la soirée. Peut-être que Gabriel aimait le théâtre et qu'il risquait de mal prendre un signe d'ennui de sa part...

Elle arriva avec quelque minute d'avance sur la grande place. Le théâtre s'y trouvait. Un grand bâtiment de style ancien. Quelque chose de très chic pour une activité des plus ennuyeuse. Elle imagina un instant ce qu'elle aurait pu faire dans un tel bâtiment si elle l'avait eu à sa disposition pour quelques soirées organisées à sa façon... Un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Puis elle se ressaisit pour chercher du regard si son rendez-vous était déjà arrivé. S'ils avaient rendez-vous dans un lieu assez passant, ils seraient tranquilles à l'intérieur, son père avait sûrement pris des places au balcon. Elle ne doutait pas qu'elle repérerait assez vite de dénommé Calderone, supposant qu'il devait être entouré d'une dizaine de sous-fifre lui servant de gardes du corps. Elle ne ressentait pas le besoin de se faire protéger. Parce qu'elle ne supportait pas ces chiens de compagnie et qu'elle n'était pas assez dangereuse pour qui que ce soit pour qu'on pense à s'en prendre à elle... Surtout dans ce quartier.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Ven 24 Fév - 21:16

« Une pièce de théâtre, qu'en pensez-vous? »
« Du théâtre? Bien sûr, quelle bonne idée! »


Du théâtre? Quelle idée de merde ! Mais Gabriel se retint de dire le fond de ses pensées. Il afficha un grand sourire et lui serra la main avec une bonne poigne. Monsieur Park aimait bien jouer des muscles, cela lui donnait le sentiment d'être un homme. Et quoi qu'il fasse, le mafieux y répondait avec ferveur. Un partenaire commercial comme celui-ci avait tous les droits, même celui de lui refiler sa fille. Il y avait une limite bien sûr, le jour où l'homme tirera un peu trop sur la laisse, le loup montrera ses crocs. Mais jusque là, il resterai un docile petit toutou. Si monsieur Park savait qu'il marchait sur un fil aussi étroit, peut-être qu'il rirait moins fort, mais peut-être pas. Gabriel n'avait pas la stupidité de se croire le seul loup dans la bergerie.

La semaine passa rapidement, et le jour du fameux rendez-vous arriva à toute allure. Un homme tel que Gabriel avait l'habitude de rencontrer des femmes, son premier rencart remontait à quelques années déjà. N'empêche qu'il était un peu anxieux. Déjà parce que l'enjeu était important : un mot de travers à la demoiselle Park et le quart de son chiffre d'affaire volait en fumée. En plus, il devrait lutter contre le sommeil toute la soirée. Ce n'était pas tant qu'il détestait le théâtre que cela l'ennuyait, et que son addiction au sommeil était terrible. Heureusement, il avait eu le temps de dormir 8h avant d'y aller, mais il craignait tout de même de piquer du nez. L'histoire allait devoir être passionnante, ou bien les acteurs excellents, pour qu'il arrive à suivre du début à la fin. Yusuke eut le bon sens de glisser dans ses poches quelques barres énergétiques et carrés de sucre. Cela aidait à lutter contre sa fatigue chronique. Il enfila un de ses plus beaux smokings noirs et une cravate lapis-lazuli flamboyante. Lorsque son bras droit aperçu le T-shirt sous sa chemise blanche, il laissa échapper un ricanement, et lui demanda :

« Et lorsqu'elle sera dans ton plumard, tu comptes garder ton T-shirt aussi? »

Gabriel le toisa d'un regard noir. Il savait très bien que son tatouage ne resterait pas longtemps caché si les choses devenaient sérieuses, et que Leila finirait par tout apprendre. Mais...

« On n'en est pas encore là. »

Yusuke garda son sourire moqueur mais n'ajouta rien. Il se foutait de lui mais Gabriel était reconnaissant car ses petites phrases l'aidait à dédramatiser. Qu'est-ce que cela pouvait faire si le rendez-vous était un fiasco total? Tant pis, Park s'en remettrait ! Il envoya valser un oreiller et soupira un bon coup. Oui, tout ça n'avait aucune importance. Mais rien que pour son clan, il allait le faire sérieusement. Et puis, il y avait des chances qu'il apprécie la compagnie de Leila, qui sait? Il ne lui avait jamais vraiment parlé jusque là.
La dernière chose avant de partir était la séance coiffure. Dit comme ça, cela pouvait sonner ridicule, mais Gabriel en avait grandement besoin. Affalé sur un fauteuil de son salon, une jeune fille lui coiffa longuement les cheveux, passa ses mains sur son cuir chevelu. Le souffle de Gabriel se fit plus court, il ferma les yeux. Il devait s'accrocher à cette sensation car il ne l'aurait plus avant quelques bonnes heures. Avec de l'entrainement il pouvait presque oublier la sensation de manque, mais cela ne durait jamais très longtemps. Si la soirée ne s'éternisait pas, tout irait bien. Elle lui fit une tresse qui tomba sur sa nuque, et il la congédia.

Il décolla finalement pour le théâtre, escorté de deux hommes de main. Ses gardes du corps resteraient dans la voiture aux vitres fumées, avec son chauffeur. Le parrain avait réussi à les convaincre après un long marchandage pour être un tant soit peu tranquille avec la madame. Ils resteraient à proximité mais ne rentreraient pas dans le théâtre, et Gabriel devait les appeler s'il se déplaçait par la suite. Lorsqu'il ouvrit la portière pour traverser seul la chaussée, il se sentit presque nu, sans les hommes de chaque côté de ses épaules. Depuis quand n'avait-il pas marché dans la rue sans escorte? Bien trop longtemps. Il balaya les pavés du regard, jusqu'à tomber sur la ravissante silhouette de Leila Park, qui était déjà arrivée. Zut, on lui avait appris qu'il n'était pas poli de faire attendre les dames, mais sa montre lui indiqua qu'il était à l'heure. Il épousseta sa veste de smoking, glissa une mèche de cheveux derrière son oreille et fit les derniers pas qui le séparaient de la jeune femme.

« Bonsoir, j'espère que je ne vous ai pas fait attendre », glissa-t-il d'une voix grave.

Il prit sa main et y déposa un rapide baiser. C'était une vieille mode mais cela l'amusait. Et puis, il paraît que les romantiques plaisent ! S'il voulait bien faire les choses, Gabriel pouvait bien jouer le jeu un peu. Cela dit, elle remarquerait vite que ce n'est pas le genre de la maison.


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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Ven 24 Fév - 23:10

Elle crut qu'elle avait fait une erreur et qu'elle était incapable de le reconnaître parmi les passants. Cela aurait été un comble tout de même. Gabriel Calderone n'est pas vraiment le genre d'homme à passer inaperçu, quelle que soit la foule alentour. Mais avant qu'elle ai eu le temps de commencer à s'inquiéter, elle réalisa qu'elle était simplement en avance et qu'il n'était peut-être pas arrivé. Sa ponctualité excessive lui venait de son père, mais elle s'y était habituée. Elle avait ainsi gagné une patience de fer. Elle commençait à jouer avec la fermeture de son sac à main quand la voix grave et déjà connue du collaborateur de son père se fit entendre. En se tournant vers lui, elle ne put empêcher un air légèrement surpris de passer sur son visage en constatant qu'il était seul. Pas de garde du corps pour les ennuyer? Décidément, Monsieur Calderone y mettait de la volonté. Le sourire qu'elle lui adressa en réponse n'en fut que plus rayonnant de sincérité.

Ne vous inquiétez pas, je viens à peine d'arriver!

Elle récupéra sa main alors qu'elle finissait sa phrase. Un baise-main? Et bien, elle ne s'était pas vraiment attendue à ça... Un collaborateur surprenant. Ou bien jouait-il autant un jeu qu'elle? En tout cas, il ne pouvait pas gagner face à une habituée comme Leila.
Si elle connaissait sa voix pour avoir accompagné son père à ses réunions d'affaires, elle n'avait pas l'habitude de prendre la parole devant lui. Elle pria intérieurement pour que sa voix ne se décide pas soudainement à muer sous l'effet du stress. Leila? Stressée? Vous n'y croyez pas, n'est-ce pas! Et bien si pourtant. A le voir, elle sentit l'angoisse monter. De toute évidence, Gabriel ne faisait pas les choses à moitié. Il était aussi bien habillé qu'elle, la tresse qui retenait ses cheveux lui allait à merveille... Et puis, sans chercher bien loin, il a ce genre de charisme impressionnant qui laisse les gens normaux sans voix.

Mais Leila n'est pas vraiment quelqu'un de normal. Les gens impressionnant, elle en avait l'habitude, et elle n'était pas décidée à se laisser faire. Si monsieur se comportait en gentleman, elle serait une vraie lady. S'il était impressionnant, elle serait écrasante de charisme, et quiconque les croiserait mourrait par suffocation. Enfin, elle n'était pas sur de réussir à étouffer quelqu'un par sa seule présence, mais elle voulait être à la hauteur de son compagnon de soirée. Elle n'accepterait pas de n'être qu'un faire-valoir.
Il n'avait rien fait pour cela, mais Gabriel se retrouvait dès lors avec une Leila plus qu'enthousiaste. Si son cerveau fonctionnait à toute vitesse, son visage ne laissa rien transparaître d'autre que son sourire ravit, et ses yeux pétillants. Ce que ces derniers pouvaient signifier, bonne question : malice, joie, défi..? Le jeune homme pouvait interpréter ça comme bon lui semblait, rien ne pourrait plus arrêter Leila.

Attrapant la lanière de son sac dans ses deux mains, elle planta son regard dans le sien un instant puis regarda la façade du théatre avant de revenir à son interlocuteur. Elle songea un instant que si elle voulait passer du temps avec lui, ce serait préférable qu'ils soient assis afin qu'elle se décroche pas le cou à chaque fois qu'elle veut le regarder dans les yeux. C'est ça d'être asiatique, on ne fait pas une taille de géante.
On va se mettre au chaud maintenant?

L'air n'était pas si froid que ça, mais quand on a une robe de soirée sans manches, la moindre chaleur, même celle d'un théâtre abhorré, est la bienvenue. Et sans vraiment attendre de réponse, parce qu'il n'y en avait pas vraiment besoin, elle ouvrit la marche. Elle se dit que c'était peut-être mauvais de prendre des initiatives et hésita à s'arrêter, mais ne pas savoir ce qu'elle voulait serait pire que tout. Elle jura intérieurement. Et voilà qu'elle commençait à se prendre la tête sur quelques détails futiles... La soirée était loin d'être finie!

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Sam 25 Fév - 0:27

Le Calderone avait peur d'en faire un peu trop. Tiré à quatre épingles, prêt à jouer les gentlemans. Si dix minutes plus tard il se mettait à ronfler devant le premier acte, ça gâchait un peu le tableau. Il fut tout de même rassuré de la voir sourire et d'entendre sa voix chaude lui dire qu'elle venait juste d'arriver. Elle pouvait très bien mentir, mais son honneur était sauf et c'était tout ce qui comptait. Et puis si elle souriait comme ça, il ne devait pas trop mal s'en sortir, si? Il se sentit observé, elle lui jetait quelques œillades, peut-être appréciait-elle son allure. Il eut le réflexe involontaire de se redresser, comme un paon qui fait la roue. Il n'était pourtant pas du style à parader, mais les instincts ont la dent dure. Femelle observer mâle. Mâle content. Cela le poussa également à détailler la silhouette de son rencart. Elle était assortie à son costume : tout de noir vêtue, sauf que ses formes étaient beaucoup plus prometteuses. Elle n'était pas très grande, et avait la plastique asiatique à laquelle on s'attend, mais Gabriel avait toujours eu un petit faible pour ce genre de femmes. Comme son père. Il effaça cette information de sa tête, comme un parasite. Il se dit qu'il était grand temps de bouger quand elle prit les devants.

« On va se mettre au chaud maintenant? »

Elle se mit à marcher en direction du théâtre et Gabriel lui emboita le pas. Elle devait en effet avoir froid dans cet attirail, et si le vent ne soufflait plus depuis longtemps sous le Dôme, on pouvait encore se les peler. Il se maudit intérieurement de ne pas avoir réagit plus tôt, mais il était décidément trop nerveux pour avoir les bonnes réactions. Cependant, quand il n'avait pas pris les devants, Leila s'en était chargée toute seule. Il était content de voir qu'elle n'était pas qu'une simple poupée qui parle. Incidemment, il se l'était imaginé. Elle avait semblé être une fille à papa qui obéit quand on lui dit de sortir avec un inconnu pour une affaire d'argent. Possible que ce soit le cas, mais la voir parler et bouger librement sans être tirée par des ficelles la fit prendre réellement forme sous les yeux de Gabriel. Après tout, il ne l'avait vu que quelques fois pendant des meetings, comment aurait-elle pu être naturelle dans ces conditions? Lui-même était très différent dans le travail et dans l'intimité. Mais est-ce que cette soirée était plus que du travail? Il n'en était pas sûr.

En marchant vers le perron, il s'approcha d'elle et leva le bras vers sa taille. Il ne la toucha pas mais l'effleura juste. Sans donner l'impression de la pousser en avant, ou de la soutenir, il voulait juste se mettre à sa hauteur, et lui apporter un peu de chaleur. Lorsque la porte fit obstacle, un homme en uniforme l'ouvrit pour eux et les invita à entrer. Il jeta un regard alentours, et repéra la file d'attente pour vérifier les billets. Il se tourna vers Leila et se posa la question de la marche à suivre. Que fallait-il faire dans ces conditions? Attendre sagement son tour? Ou bien faire le bourrin comme d'habitude? Gabriel n'en savait fichtre rien. Déjà parce qu'il n'allait jamais au théâtre. Ensuite parce que des vrais rendez-vous comme ça, il n'en avait pas eu souvent, pour ne pas dire jamais. Normalement, les filles c'était juste un divertissement, une chouette petite soirée. Rien de trop sérieux. Il ne savait quelle image donner de lui, et si cela avait vraiment de l'importance. Merde.

« Je peux vous proposer d'attendre ici? J'en ai pour une minute. »

Il s'excusa et alla trouver l'hôtesse d'accueil d'un pas rapide. Il ignora les gros yeux et les murmures dirigés contre lui, et marcha droit devant. Quand ses yeux se baissèrent vers la petite brune en tailleur bordeaux, elle haussa un sourcil interrogateur.
« Faites la queue comme tous le monde, Monsieur, je vous prie. »
Il se pencha vers elle, et d'un air menaçant, murmura à son oreille :
« Que vous fassiez attendre Gabriel Calderone ne tient qu'à vous, je ne vous en voudrais pas. Mais si monsieur Park – celui auquel vous pensez - apprend que sa fille a dû poireauter une demi-heure parce que votre misérable personne a décidé de jouer les démocrates de seconde zone, vous risqueriez de le regretter. »

Elle frémit, et le regard glacial qu'elle tenta de lui rendre n'eut que l'éclat de la défaite. Il n'attendit pas de réponse et retourna vers sa compagne de soirée.

« Désolé pour l'attente, allons nous installer à l'intérieur. »

Il fit un large sourire et ouvrit sa paume vers la direction à prendre. Elle avait son bras à disposition si elle le désirait, mais craignant de se prendre un vent, il ne le mit pas trop en avant. Fallait qu'il garde la face, quoi.


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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Sam 25 Fév - 13:00

Si elle l'avait vu la regarder, elle n'en avait rien laissé paraître. Servir de décoration était généralement son occupation à temps plein pendant les rendez-vous d'affaire de son père. Elle avait l'habitude d'être reluquée plus que de raison, que ce soit avec sympathie ou dégout. Oh, les collaborateur de son père qui méprisaient les femmes n'étaient pas de ceux qui manquaient, mais ils finissaient souvent par voir leurs affaires s'effondrer. Être discrète mais influente, y a-t-il plus grand plaisir dans la vie? Selon Leila, non. Elle était douée pour ça, elle était faite pour ça.
Bref. Elle ne broncha pas sous le regard de Gabriel. Après tout, il avait bien le droit de jauger ce que son collaborateur lui avait refilé. De la marchandise? S'il voyait les choses ainsi, il risquait de se voir bien vite détrompé. Mais elle n'imaginait pas que l'italien soit de ce genre d'homme. Allez savoir pourquoi, elle avait une assez haute opinion de lui. En montant les marches du théâtre, elle releva la tête. Mine de rien, elle était assez fière d'avoir une telle compagnie. Elle ne doutait pas que nombre de femme auraient envié son sort. Être envoyée à cette torture qu'était le théâtre paraissait admissible si c'était en compagnie de monsieur Calderone.

Elle acquiesça avec un léger sourire quand il lui demanda d'attendre. Evidemment, il n'était pas du genre à supporter d'attendre. Elle plissa les yeux alors qu'un sourire malicieux glissait sur les lèvres. Elle supporta la tête haute les regards réprobateurs qui allaient de lui à elle. Et bien, leur soirée n'allait pas passer inaperçu et l'on ne pouvait douter le lendemain que tous les lanceurs de potins trouveraient à dire sur le fait que Mademoiselle Park avait passé la soirée en tête à tête avec Monsieur Calderone. La discrétion n'était donc pas de mise, mais elle avait l'habitude de se faire remarquer et préféra s'amuser de la situation.

Si elle avait douté pouvoir étouffer quelqu'un par son seul charisme, elle n'avait jamais hésité à accorder cette capacité à Gabriel. Elle se retint de le surnommer mentalement Dark Vador et se contenta de regarder la pauvre demoiselle de l'accueil se décomposer face à lui. Ce qu'il avait dit, elle n'en savait rien, mais de toute évidence, il se prenait pour le maître du monde. Monsieur souhaitait sûrement faire preuve de puissance et de détermination devant elle... Et c'était réussi. Si quand il revint son sourire était aussi amusé que ravi, cela n'avait rien de moqueur. La situation était à son goût, tout simplement. Et quand elle vit l'occasion qui se présentait à elle de se pendre au bras du jeune homme, elle ne la laissa pas passer. Elle le fit de façon à être suffisamment proche de lui. Suffisamment pour forcer les fouines qui les regardaient à se poser toutes sortes de question sur leur relation, suffisamment pour ne leur donner aucune réponse.

Elle se mordilla légèrement la lèvre. C'était un réflexe quand elle était en pleine hésitation. Avait-elle bien fait? Si elle souhaitait installer la confusion dans tous les esprits, elle espérait que son rendez-vous ne la prenne pas pour une folle? Peut-être allait-il penser qu'elle était trop rapide, qu'elle prenait trop d'initiatives... Elle leva brièvement les yeux vers lui avant de les fixer devant elle. Tant pis après tout, s'il l'envoyait balader, elle assumerait. Il aurait tout le temps de regretter plus tard d'avoir laissé filer une fille comme elle.

Comme elle l'avait imaginé, son père leur avait pris la place qu'il avait l'habitude d'occuper. Monsieur Park aimait le théâtre et aimait y avoir la paix. Le petit balcon laissait la place à peu de personne pour s'y installer. Rares étaient les privilégiés à avoir profité de son confort. Mais le père de Leila ne faisait pas les choses à moitié, et il voulait que le rendez-vous de sa fille se passe bien. Lui laisser son balcon était un bien faible sacrifice, puisqu'il avait de toute façon déjà vu la pièce, il n'avait pas envie de revenir ce soir là. Elle lâcha le bras de Gabriel pour ouvrir la porte. Elle songea, encore une fois après coup, qu'elle aurait peut-être du le laisser faire. Après tout, les hommes aiment bien avoir l'occasion de se montrer polis. La prochaine fois, il faudrait que j'essaie de penser avant d'agir...

Mais c'était un peu chez elle ici, alors elle espérait qu'il lui pardonne. Elle avait l'habitude de subir cet endroit et seul le confort des lieux la réconfortait. Elle avait réussi à s'y endormir plus d'une fois pour subir par la suite les réprimandes de son cher père. Elle s'assit d'instinct à sa place, laissant celle de son père à son compagnon. Elle lui sourit pour engager la conversation. Ils avaient un peu de temps à perdre avant que le spectacle ne commence.

J'espère que l'endroit et la vue vous conviendront. Mon père a fait en sorte que ce soit le plus confortable possible ici. Elle marqua un léger temps d'hésitation avant de continuer : Je suppose qu'il vous a imposé cette idée d'aller au théâtre..?

Elle ne souhaitait pas dire du mal de son père, mais elle aurait aimé avoir un idée, même vague, de l'intérêt que Gabriel pouvait porter à la pièce de ce soir. La question était de savoir s'il oserait lui dire dans le cas où cela serait pour lui autant une torture que ça l'était pour Leila. Elle doutait qu'il se permette de critiquer le choix de son collaborateur en matière de soirée, mais peut-être Gabriel avait-il un cran insensé.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Sam 25 Fév - 14:45

Quand Gabriel ne maîtrisait pas tout à fait une situation ou n'était pas sûr de lui à cent pour cent, il avait pour habitude d'observer et d'agir en conséquence. Parfois il préférait foncer dans le tas et assumer le reste, mais en général, il aimait grappiller progressivement le contrôle de la situation. Avec Leila, il avait donc intérêt à prendre des pincettes, et ajuster son comportement au fur et à mesure. Apprendre à connaître la jeune femme avant d'ouvrir la bouche : il ne savait rien d'elle et risquait de faire des boulettes à la moindre virgule. Mais si elle avait bien reçu l'éducation de sa famille, elle aurait sans doute aussi peu de spontanéité qu'un micro-processeur. Difficile de s'adapter à quelqu'un qui ne montre par ses émotions. Aussi, il fit un compromis : il agirait d'abord, verrait les conséquences ensuite. Un peu d'improvisation ne fait pas de mal en ce monde. Et puis, chassez le naturel, il revient au galop. Gabriel avait beau s'y connaître en bluff, il ne pouvait pas jouer les mecs parfaits trop longtemps. Il ne s'était jamais vraiment pris pour le Shogun, et le Shogun n'avait jamais été Gabriel. Il mit ainsi sa théorie en pratique et essaya de décoder les réactions de sa partenaire, si elle en avait.

Quand il inspecta rapidement son expression, elle n'avait l'air ni contrariée, ni dégoûtée par sa conduite. Au contraire, elle semblait ravie. Elle n'avait pas l'air de déprécier son attitude rentre-dedans, et il en fut satisfait. Une chose de moins à réfréner en sa présence, une. Une liste entière restait à vérifier. Tandis qu'il l'invitait à entrer dans le théâtre à proprement parlé, elle passa un bras autours du sien et se serra légèrement contre lui. Il sentit sa peau effleurer sa veste en grain de poudre noir, ses cheveux bruns s'étaler contre son épaule. Le doux parfum de son shampooing parvint à ses narines, et une petite sensation de manque vint lui chatouiller le ventre. Penser à quelque cheveu que ce soit était une mauvaise idée. Il redressa sa tête de manière à ne plus y penser et posa une main sur la sienne.

Ils montèrent ainsi les escaliers recouverts de velours, et passèrent dans le corridor arrondi pour rejoindre leur loge. Leila lui ouvrit la porte, comme pour l'inviter dans son territoire à elle, et il passa la tête la première avant d'y poser le pied. Le terrain était inconnu, mais il prit rapidement note des petits détails. La pièce était spacieuse compte tenu du nombre de sièges, sa décoration était d'un rouge bordeaux comme la plupart des théâtres, et ses fauteuils et couches moelleuses attendaient patiemment que quelqu'un s'y assoit. C'était cruel de disposer d'un tel confort quand lui cherchait au contraire à rester éveillé à tout prix. Tout semblait être prévu pour le mener à sa chute. Mon dieu que ça allait être difficile.

Leila prit place sur un des sièges au bord de la rambarde, et Gabriel s'installa à sa suite dans celui de gauche. Lorsqu'il s'assit, le rembourrage du fauteuil s'adapta immédiatement à son corps, prêt à le bercer. Les petits oreillers disposés de-ci de-là le narguaient volontairement. La remarque de Leila ne fit que pointer ce qui tiraillait son esprit, mais elle n'en avait sans doute pas conscience.

« Oui bien sûr, la loge est.. ravissante. » Il déglutit avant de poursuivre. « C'est exact, votre père m'en a fait la proposition. Je ne voyais aucune raison de refuser. »

Il se demandait jusqu'où devait aller sa franchise. Lui dire que son idée était merdique? Comme précédemment, il tenta de faire un mixte entre ses vraies pensées et la diplomatie qu'il exerçait si souvent, et qui le tirait de tellement de situations. Mieux valait ne heurter personne. Mais Gabriel n'aimait pas mentir de manière éhontée.

« A vrai dire... c'est la première fois que je viens ici, je n'y connais pas grand chose. Mais si c'est en votre compagnie, je ferai tout pour apprécier. »


Il lui fit un sourire et tâta dans sa poche le morceau de sucre qu'il se préparait à avaler. Peut-être ferait-il mieux de lui parler tout de suite de son problème de sommeil? Après tout, elle savait qu'il était une élite, et il encourait un moindre mal à la mettre au courant. Mais il ne savait pas comment formuler les choses. « Heu au fait, j'vais probablement pioncer d'ici deux, trois minutes, mais vous pouvez me filer une claque pour me réveiller. D'accord? ». Ou pas.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Dim 26 Fév - 13:37

Sur le chemin de la loge, elle n'avait pas vraiment porté d'attention aux réactions de Gabriel. Cependant, il ne fallait pas qu'elle perde de vue qu'il était le seul but de cette soirée. Il devait être le centre de son attention, elle devait déceler la moindre faiblesse, la moindre faille. Parce que c'est comme ça qu'on attraper un homme, c'était du moins ce qu'estimait la jolie Leila. Elle était partie en chasse. Il était difficile de la comparer à un fauve dangereux, elle était plus du genre gaz toxique, qui s'infiltre en silence et dont on remarque la dangerosité que quand c'est trop tard. Enfin, elle n'allait pas faire le moindre mal à Monsieur Calderone. Tout ce qu'elle souhaitait était lui en mettre plein la vue, et quoi de mieux pour commencer que cette magnifique loge arrangée par son père, qu'il avait même acheté si elle ne se trompait pas. Cette loge appartenait donc à son père, elle était ainsi un peu chez elle. Emmener son rendez-vous en terrain connu, sûrement une idée de son père, il ne pouvait pas avoir fait ça innocemment. Monsieur Park ne faisait jamais rien innocemment.

Quand il lui confirma que c'était bien son père qui lui avait proposé l'idée du théâtre, elle retint un sourire amusé. Décidément, le vieil homme ne changerait jamais, il aimait trop se prendre pour une marieuse. Et s'il réussissait vraiment à caser sa fille, Leila se demandait quel nouveau divertissement il pourrait alors trouver. Il me dirait de faire vite des enfants et il leur trouverait de bons partis à peine seraient-ils entrés au primaire... Il en serait capable! Un sourire amusé éclaira brièvement ses lèvres à cette idée mais elle se ressaisit alors que le jeune homme qui lui tenait compagnie reprenait la parole.

Elle répondit à son sourire avant de le regarder un instant, l'air hésitant. A dire vrai, elle était face à un dilemme. Lui avouer qu'il n'y avait rien de pire à ses yeux que le théâtre? Mais ce n'est pas parce qu'il n'y avait jamais été que cela ne lui plairait pas ce soir... En même temps, si elle était destinée à passer sa vie avec lui, il valait peut-être mieux qu'il sache qu'elle n'avait aucune passion pour ces gens en costumes se trémoussant et s'égosillant. Histoire d'éviter qu'il l'invite au théâtre en mémoire du bon vieux temps, de leur premier rendez-vous, ou avec un quelconque prétexte romantique du genre. Bon, elle ne s'attendait pas à ce que monsieur Calderone soit du genre à proposer de nombreux rendez-vous romantiques à sa femme, mais qui sait? Peut-être était-il un homme plein de surprises.

Elle se ressaisit en se rendant compte qu'elle devait avoir l'air un peu étrange à le regarder comme ça et eu une légère moue.

Je vais être honnête avec vous monsieur Calderone, le confort de cette loge et votre compagnie sont les seules choses qui peuvent me faire aller au théâtre...
Elle s'arrêta un instant, songeuse, et se mordilla la lèvre. Un peu plus de tact Leila! C'est pas possible comme ça!! Tact, doigté, délicatesse. Allez, on reprend! Elle eut un petit sourire contrit.
A dire vrai, mon père m'y emmenait quand j'étais petite et que je rêvais plutôt d'aller jouer, aussi j'ai gardé quelques a priori négatifs quant à cet art. J'espère qu'il vous satisfera plus que moi.

Elle se maudissait intérieurement. Elle n'avait pas l'habitude d'être aussi nulle, de s'exprimer aussi mal. Monsieur Calderone l'impressionnait-il au point qu'elle n'arrive plus à faire preuve de son détachement et de sa délicatesse ordinaire? Si cela lui semblait peu probable, c'était pourtant un fait que l'aveu de son dégoût pour le théâtre était peu discret, il ne passait pas vraiment aussi bien qu'elle l'avait espéré. Cela avait sonné trop brusque à ses propres oreilles, et si elle était très sensible à ce genre de chose, elle savait qu'un homme d'affaire comme son interlocuteur ne manquerait pas de savoir déceler dans sa voix la moindre intonation qui n'allait pas. Elle se tassa un peu dans son fauteuil alors que son regard lâchait enfin le visage du jeune homme. Elle fuyait ses yeux? Pas vraiment. Ou peut-être que si.

Se mordillant la lèvre, elle se ressaisit en se redressant. Accompagnant ses paroles d'un sourire contrit, elle essaya de se rattraper.
Mais je ne doute pas que nous allons passer une soirée merveilleuse! Mon père a sûrement choisi la meilleure pièce du moment.
Le père en question allait l'entendre parler du pays à son retour. Il avait sûrement eu une idée magnifique en l'emmenant au théâtre, il avait sûrement tout calculé... mais il ne lui avait rien expliqué de ses calculs, et la voilà qui perdait pied. Elle se raccrocha au regard de Gabriel en espérant que celui-ci la sortirait de sa situation hasardeuse. Peut-être n'avait-il pas remarquer sa gène? Merci Leila, mais je ne crois pas qu'il soit aveugle... N'importe qui aurait remarqué que je viens de me comporter comme une fille qui perd ses moyens Il allait peut-être penser que c'était à cause de son charme? Peut-être. Elle pria de tout son coeur pour que la pièce commence au plus vite et qu'elle puisse cacher sa gène dans le noir qui envahirait la salle.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Dim 26 Fév - 22:03

Gabriel avait prit quelques risques. Il ne voulait pas démarrer sa « relation » avec Leila – si tant est qu'il y en ait une – sur des mensonges délirants à n'en plus finir, alors il avait voulu faire preuve d'un peu d'honnêteté, lui livrer quelques vérités au compte-goutte. Histoire qu'elle ne déchante pas trop le jour où elle connaitra l'homme qu'il est vraiment. « J'y connais que dalle en théâtre » n'était peut-être pas la pire des vérités, mais dire ça juste avant un premier rendez-vous, c'était un peu la honte. Si seulement il s'était un peu plus intéressé à la culture classique plutôt qu'à la baston ! Bah, chacun son truc. Et puis, il n'était pas dépourvu de raffinement non plus. Par exemple, il appréciait tout ce qui avait trait à la culture japonaise. Comme... les armes ! Blague à part, il appréciait l'esthétique nippon, et les finesses de la vie. La bonne nourriture, les vêtements de luxe. Mais la musique et le théâtre, tout ça, ce n'était pas lui.
Il songea que si mademoiselle Park, lady de haute société, était intransigeante sur le parti qu'elle voulait marier et ne supportait pas d'avoir un ignare à ses côtés, il allait sûrement se faire envoyer balader comme une sous-merde. Il aurait l'air malin après ça ; revoir monsieur Park allait devenir des plus humiliants. Mais bon, en réfléchissant deux minutes, Gabriel se dit que si Leila était ce genre de femme, il se laisserait probablement larguer avec reconnaissance.

L'air hésitant qu'elle afficha sembla le confirmer dans ses doutes. Etait-elle déçue? Elle n'avait pourtant encore rien vu de ce qu'il avait à offrir. Cette situation n'était pas du tout à son avantage, et pourtant, il avait accepté cette soirée avec bonne volonté. Est-ce qu'il n'avait pas été grand gentleman jusque là? Pas question d'abandonner maintenant : cinq minutes, ce n'était pas assez pour se faire une opinion. Si elle le prenait comme ça, il allait redoubler d'effort pour lui prouver qu'elle avait tort. Il était prêt à relever le défi.

« Je vais être honnête avec vous monsieur Calderone, le confort de cette loge et votre compagnie sont les seules choses qui peuvent me faire aller au théâtre... »

Il faillit lui couper la parole après « monsieur Calderone », pour lui gueuler « Attendez deux petites minutes ! Attendez au moins que cette putain de pièce de théâtre commence! J'vais peut-être aimer, sait-on jamais ! » Mais aucun mot ne franchit ses lèvres, car la phrase de Leila lui monta au cerveau et il réalisa qu'il s'était foutu le doigt dans l'oeil. Recalcul mental rapide. Leila Park ≠ fanatique des tragédies grecques. Uh? Ca changeait tout.

« A dire vrai, mon père m'y emmenait quand j'étais petite et que je rêvais plutôt d'aller jouer, aussi j'ai gardé quelques a priori négatifs quant à cet art. J'espère qu'il vous satisfera plus que moi. »

En gros, c'était une torture pour elle aussi. Ah bah merde, le petit Gabi n'avait vraiment rien compris. Il poussa un soupire. C'était du soulagement, aucun mystère là-dessus. Machinalement, il avala un carré de sucre, ne sachant quoi répondre. Il voulait faire un grand sourire, écarter les doigts en V comme pour faire « peace » et s'exclamer « Copiiiiiiine ! » mais peu importe qu'il soit dans la sphère publique ou privée, Gabriel n'était pas le genre de mec à faire ça.

« Mais je ne doute pas que nous allons passer une soirée merveilleuse! Mon père a sûrement choisi la meilleure pièce du moment. »


Elle avait l'air gêné, le fuyait du regard, comme si elle avait fait une bourde. Gabriel n'aurait pas être plus ravi que maintenant, tout une montagne de stress se détachait de ses épaules, mais elle croyait au contraire insulter leur soirée à venir. Une bouffée de compassion pour elle le gagna, car il savait trop bien ce qu'était la pression sociale et le paraître. Lui aussi voulait toujours faire bonne figure, alors que bien souvent, il aurait préféré tout envoyer balader à gros coups de pieds au cul. Et lui non plus, ne pouvait pas piffer le théâtre. Il tenta de lutter, mais un léger rire s'empara tout de même de lui ; il pouffa comme une gamine, avant de reprendre contenance. Un petit sourire ne quitta cependant pas ses lèvres, et le menton posé sur sa paume, il glissa sur elle un regard oblique.
« Si on en vient à l'heure des confidences, je dois avouer que je redoutais cette pièce de théâtre plus que n'importe quel autre châtiment. »

Distraitement, sans quitter sa position accoudée sur son fauteuil, il tira quelques barres énergétiques de sa poche et les agita devant la jeune femme.

« Regardez, j'avais même peur de m'endormir. »

Et il repartit d'un petit rire amusé. Comme quoi, il ne lui fallait pas grand chose pour se détendre.

« Vous en voulez? »

Son rictus était définitivement installé sur ses lèvres alors qu'il tendait l'encas enrobé de plastique vers Leila, convaincu, lui aussi, qu'ils passeraient une bonne soirée.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Dim 26 Fév - 22:53

Il avait pouffé de rire. Elle crut voir tout son monde s'effondrer. Si le théâtre avait pu s'effondrer avec, cela lui aurait rendu un bien grand service. Je préfère mourir écrasée que mourir de honte comme en ce moment... Et elle sentait déjà les reproches de son père l'accabler. Elle commença à jouer nerveusement avec une mèche de cheveux. En tout cas, il avait juste ri. Elle réalisa que c'était toujours moins grave que s'il s'était montré outré par ses paroles. Mieux valait paraître ridicule et sotte qu'insultante. Elle avait l'habitude de passer pour une cruche auprès des collaborateurs de son père, et s'il fallait que Gabriel ne fasse pas exception à la règle, et bien il en serait ainsi. Au moins, elle ne ferait pas perdre un collaborateur à son père à cause de sa langue trop pendue et de son dégoût du théâtre. Elle perdait juste un bon parti à cause de sa stupidité.

Mais quand il lui répondit, elle ne put s'empêcher d'avoir l'air plus que surprise. Elle leva les yeux vers lui pour constater son air amusé. Il se moquait d'elle, définitivement. Elle joua de plus belle avec ses cheveux. Mais s'il se moquait d'elle, il avait l'air plus... naturel? Décidément, monsieur Calderone était un jeune homme surprenant. Elle détestait l'idée d'avoir paru si ridicule devant lui, surtout du fait qu'il avait un an de moins qu'elle, mais après tout, si cela pouvait leur permettre de se détendre un peu et de rigoler...

Elle le regardait toujours avec étonnement quand il sortit les barres énergétiques de sa poche. Face à l'aveu comme quoi il craignait de s'endormir, elle ne put retenir un léger rire, et voyant qu'il riait également, elle se détendit. De toute évidence, Gabriel faisait des efforts considérables pour faire plaisir à son père, et c'était un sentiment qu'elle comprenait. Bien sûr, elle n'avait pas l'habitude de faire ça dans un but précis, afin de conclure des contrats, mais elle savait combien il était compliqué de savoir ce que monsieur Park pensait. Il persistait toujours ce doute, ce sentiment qu'il se moquait de vous, quoi qu'il vous demandait. Et cette soirée imposée au théatre était sans doute le meilleur exemple que l'on puisse donner.

Alors qu'il lui tendait une barre énergétique, elle en attrapa une avec un sourire amusé en abandonnant la mèche qui souffrait depuis quelques secondes des conséquences de son stress. Elle avait l'habitude de jouer avec ses cheveux ou de se mordre les lèvres quand elle était mal à l'air mais de toute évidence, elle allait mieux. La bonne humeur de son interlocuteur était décidément communicative, on ne pouvait pas dire le contraire.

Une seule alors, je ne voudrais pas épuiser vos réserves!

Elle accompagna sa réponse d'un petit sourire contrit. Elle avait manqué de tout gâcher avec son stress inutile. Mais Gabriel l'avait rassurée avec son air si peu sérieux. Cela le changeait totalement du Monsieur Calderone des rendez-vous d'affaires, l'homme sérieux et peu transigeant. Il ne perdait cependant rien de son côté impressionnant. Ce n'est pas un sourire qui vous fera perdre quelque centimètres, une carrure impressionnante et une allure parfaite.

Dites, je peux vous appeler Gabriel? et vous m'appellerez Leila, d'accord?

Elle entreprit d'ouvrir délicatement le plastique alors qu'elle attendait la réponse. Puis, songeant à quelque chose et sans vraiment faire attention au jeune homme, elle commença à fouiller autour de son siège. Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait, avant que Gabriel n'ai pu la prendre pour une folle. Il s'agissait d'une tablette numérique qu'elle tendit à son rendez-vous.

Je me disais bien que mon père n'était pas du genre à oublier ce genre de détail. Si vous tombez à court de provisions, vous avez de quoi vous faire ravitailler sans soucis!

Entre les mille choix d'alcools qui s'offraient à eux, il y avait également quelques en-cas raffinés. Afin de ne pas être obligé de rater un morceau de la pièce en cas de petit creux, monsieur Park avait opté pour la technologie avec une tablette numérique. Le service s'il n'était pas immédiat était néanmoins très rapide. Vu ses réserves, Gabriel n'en aurait peut-être pas besoin, mais il valait mieux prévoir plutôt qu'il finisse par se sentir démuni. Et si cela ne l'intéressait pas, il savait où la ranger puisqu'il avait vu Leila la trouver juste sous leurs accoudoirs mitoyens.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Jeu 1 Mar - 19:01

Gabriel s'était finalement un peu détendu, même relâché. Gardons ce « un peu » en tête, car briser les défenses du Shogun n'était pas une mince affaire. C'était quelqu'un de très réservé par nature, même s'il riait ou affichait un sourire radieux, rien ne prouvait qu'il était sincère. Il y avait de nombreuses couches à gratter et déminer pour le connaître réellement. Dans un rendez-vous formel et organisé comme celui-ci, il n'était pas prêt à montrer ses faiblesses aussi rapidement. Cela dit, il était aussi pudique de premier abord que bouillonnant de vie à l'intérieur, et les choses l'affectaient autant que n'importe qui. Quand il voyait Leila remuer sur sa chaise mal à l'aise, et entortiller une mèche de cheveux, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'amusement, et de la tendresse. Il ne la connaissait pas encore très bien, mais il prenait peu à peu conscience de la variété de ses expressions, et la grâce de ses gestes. Gabriel était toujours convaincu que se marier était ridicule dans des conditions pareilles, mais la jeune femme lui plaisait un peu déjà. Il avait conscience que la soirée n'était qu'un jeu de masques, mais il était ravi que ce jeu se fasse en sa compagnie. Face à ses répliques déplacées et idiotes, elle avait écarquillé les yeux, puis son sourire avait remplacé le reste, et elle rit de concert avec Gabriel. Ils avaient l'air maladroit, comme deux pantins à qui on a subitement coupé les fils du visage. Leur corps restait empêtré de milles obligations, mais ils s'étaient octroyé un peu plus de liberté.

Elle accepta l'un de ses encas, sans se départir de sa politesse de mise. Elle sembla cependant se détendre, alors qu'il rangeait ses réserves dans sa poche, sauf une barre chocolaté, qu'il se mit à ouvrir. Le papier se fendit d'un rapide mouvement, et il grignota une première bouchée. Il était loin de sentir la fatigue l'envahir, c'était plus par gourmandise. S'il ne faisait pas des exercices physiques, Gabriel Calderone serait probablement un gros bonhomme joufflu, comme tous les gourmets avides de bonne chaire. Mais sa fonction ne prêtait pas à la paresse, et il était définitivement un homme d'action. Un homme d'affaire surtout, mais bien dégourdi aussi.

Leila proposa qu'ils s'appellent par leur prénom, ou plutôt lui demanda s'il était d'accord. Gabriel n'allait tout de même pas refuser, il jouait assez souvent des « monsieur Park », sans avoir besoin de donner dans le « mademoiselle Park » toute une soirée. C'était si formel et froid! Il avait beau avoir l'habitude, il n'avait pas envie que sa soirée ressemble à une réunion de boulot interminable. S'ils pouvaient profiter un peu, ça passerait beaucoup mieux. Il allait lui répondre par l'affirmative, mais sa voisine se mit à se tordre pour regarder dans tous les sens, sous son fauteuil, derrière. Comme un réflexe animal, Gabriel se mit lui aussi à dodeliner de la tête, pour chercher un objet qui pouvait ressembler à n'importe quoi. C'était une sorte d'attitude polie, mais que tout le monde faisait sans réfléchir. C'était comme suivre le regard de son interlocuteur. On ne peut pas s'en empêcher. Il commença à marmonner « Qu'est-ce que...? » Mais elle trouva vite l'objet de sa quête, et le lui tendit. Il prit le fin boîtier avec curiosité. C'était une petite télécommande tactile qui faisait office de menu à la carte pour les spectateurs ne sachant plus dans quoi dépenser leur argent. Leila l'invita à commander autant qu'il le voulait, et il lui adressa un sourire enthousiaste.

« Votre père est vraiment prévoyant.... Oh il y a un sacré choix! »


De l'index, il fit défiler toute la carte, et eut un rapide aperçu de la variété du menu. La plupart des gens se contentaient de popcorn pour regarder un bon spectacle. Ici, on pouvait presque se faire un resto quatre étoiles. Il y avait toutes sortes de mets, d'apéritifs, des canapés de foie gras aux sushis probablement préparés par un chef en la matière. La réserve d'alcool était également incroyable, mais connaissant monsieur Park ce n'était pas étonnant. Il devait probablement fournir les stocks du théâtre. Cela avait beau être le rôle de Gabriel de distribuer les boissons alcoolisées dans les nombreux établissements du District, le théâtre n'en faisait pas parti. On se demande pourquoi. Il avait sur lui assez de glucose pour dynamiter un panda, mais il se laissa tenter par les choix proposés.

« Que pensez-vous de quelques makis, Leila? »

Il lui lança de nouveau un sourire, testant pour la première fois le nom de la jeune femme dans sa bouche. Il l'appelait souvent comme ça dans sa tête, mais le dire à haute voix avait un autre effet. Il jeta un coup d'œil rapide à la tablette et prit l'air songeur.

« Un petit saké me dirait bien aussi, mais je ne veux pas imposer mes goûts... Ah, je crois qu'il faut laisser les femmes choisir, non? J'ai vraiment aucunes manières! »


Il partit d'un petit rire embarrassé et il lui tendit la carte de nouveau.
Si ses hommes le voyaient en ce moment, il perdrait la face. Il ne pensait pas s'être terriblement ridiculisé, mais ses subordonnés avaient probablement l'image d'un homme capable de faire tomber les femmes comme des mouches. Comme quoi les légendes ont tendance à être trop simplistes : écraser une femme au sol comme une mouche, oui ça Gabriel le pouvait, mais conquérir une lady de la haute société, c'était une autre paire de manche. La décision de garder ses gardes du corps loin de la loge avait décidément été pleine de bon sens.



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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Ven 2 Mar - 11:31

Si pour elle, le vouvoiement était d'un naturel tel qu'elle ne songeait même pas à l'abandonner, elle préférait nettement que les gens l'appellent par son prénom que par le nom de son père... Enfin, cela dépendait évidemment de qui il s'agissait. Mais pour une soirée telle que celle-ci, même organisée, elle préférait appeler monsieur Calderone par son prénom. Elle aurait moins l'impression que son père pouvait surgir à tout instant pour venir discuter de quelques affaires pourtant bien rodée. Sérieusement, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi les deux hommes avaient rendez-vous si régulièrement, au vu de leur relation cordiale, rien ne bousculait leurs affaires. Ce n'était pas comme si quelqu'un pouvait arriver par miracle et leur faire de la concurrence, pas dans le dôme. Enfin bon, les affaires étaient les affaires. Les deux hommes aimaient sûrement trop travailler pour pouvoir se passer l'un de l'autre.

Enfin, elle n'attendit pas la réponse à sa question pour passer à autre chose. Elle se sentit un peu comme une gamine hyperactive, qui demande quelque chose et sans attendre retourne jouer. Bon, elle ne jouait pas vraiment, mais c'était tout comme. Elle était de bonne humeur et dès lors, elle avait cette fâcheuse manie d'être trop elle-même et pas assez mademoiselle Park. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Il était hors de question qu'elle fasse honte à son père, de quelque manière que ce soit.

Elle le regarda faire défiler les choix gustatifs qui s'offraient à lui. Oui, monsieur Park était prévoyant, et ce n'était pas pour rien qu'il était un petit homme rondelet mais ravi. Il pensait à son bien-être et cela lui réussissait, même si cela réussissait bien moins à son régime. En parlant de régime, Leila mordit avec enthousiasme dans la barre chocolatée. Ah, le chocolat, quelle faiblesse. Si elle reprenait un jour les affaires de son père, elle ajouterait le chocolat à ses productions d'alcool. De quoi faire de gros profits! Tout le monde déprime, au moins un peu, dans le District 12, et le remède mondial contre la déprime sera toujours le chocolat! Enfin, ce n'était pas le moment de penser à ses plans machiavéliques pour l'avenir, il valait mieux penser au présent dans sa situation. Et le présent n'était autre qu'un beau jeune homme qui passait la soirée avec elle.

Elle ne pu retenir un sourire ravi quand il l'appela par son prénom. L'idée faisait donc recette, parfait. Et des makis, voilà autre chose de parfait. Cela faisait un moment qu'elle n'en avait pas mangé. La culture japonaise n'était pas le fort de son père, il avait engagé une très bonne cuisinière et avait payé le prix conséquent pour en avoir une capable de lui cuisiner tous les plats coréens qui avaient nourri son enfance. Les makis venait de l'île d'en face, et n'avait jamais été une spécialité culinaire de la mère de monsieur Park. Les makis étaient donc quelque chose qui manquait cruellement à la maison, et les repas en soirée se résumaient généralement à des pizzas, des pâtes et autres choses peu aboutie. Donc des makis.

Elle ne répondit pas en le voyant se repencher sur la tablette. Changeait-il d'avis? Non, il était juste suffisament rodé aux bonnes manières pour savoir qu'on ne prend pas de la nourriture sans un peu d'alcool. Ce n'était pas elle qui allait le détromper.
Elle lui sourit avec un léger amusement en attrapant la tablette. Le grand monsieur Calderone était-il embarrassé de s'imposer face à la minuscule Leila Park? Oh, elle n'était pas outrageusement petite pour une asiatique, mais se trouver à côté de Gabriel lui donnait l'impression d'être la schtroumpfette. En moins blonde et moins bleue. Toujours est-il que le rire de son interlocuteur lui avait paru un brin gêné et cela l'avait amusée. Avaient-ils échangé les rôles? Si elle pouvait embarrasser l'homme d'affaire qu'il était, elle pouvait conquérir le monde... Quelle conclusion alléchante!

Vous me demandez mon avis, c'est déjà bien plus de manières que la plupart des collaborateurs de mon père...
Elle accompagna sa phrase d'un léger sourire. Cela pouvait passer pour une bourde, mais elle avait plutôt vu ça comme une plaisanterie. Elle espérait qu'il ne le prendrait pas mal. Après tout, même sans parler de rendez-vous galants, elle avait l'habitude de fréquenter les collaborateurs de son père pendant les réunions d'affaire et ceux-ci avaient la fâcheuse tendance de la voir comme une gourde faisant simplement office de décoration.

Elle le libéra de sa gène et se libéra de ses propres inquiétudes en commandant à sa place les makis et le saké. Suffisamment pour qu'ils ne manquent de rien, peut-être même trop. Elle entra rapidement le code réclamé afin que tout cela soit mis au compte de son père. Il leur avait imposé le théâtre, il en assumerait les conséquences. Il n'avait qu'à mieux cacher cette satanée tablette tactile, non? Elle la rangea rapidement alors que les lumières de la salle s'éteignaient. Ils n'avaient plus qu'à se taire... Ou parler tout bas? Elle improviserait Elle se tourna vers Gabriel pour se rapprocher de son oreille. La discrétion lui l'imposait, mais elle lui en était reconnaissante. Se rapprocher un peu de cet homme que son père lui avait présenté, tenter de briser la glace, n'était-ce pas le but ultime de ce rendez-vous?

Maintenant que ça va commencer, je n'ai plus qu'à vous souhaiter bon courage!

Elle se recula avec un léger sourire amusé. Elle avait l'habitude de ces comédies ou ces tragédies qui n'en finissaient pas, de ces clichés à foison. Elle s'était préparée depuis que son père le lui avait annoncé. Si Gabriel n'était jamais allé au théâtre, il ignorait totalement ce à quoi il s'exposait... et la chute n'en serait que plus difficile. La porte s'ouvrit en toute discrétion derrière eux alors qu'un serveur leur apportait leur commande. Au vu de la tonne de makis qu'elle avait commandé, elle espérait que Gabriel ne la prendrait pas pour une goinfre... mais elle avait cette mauvaise manie de manger un peu trop quand elle s'ennuyait.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Ven 9 Mar - 17:17

Gabriel avait songé un instant à la honte qu'il aurait éprouvé si ses subordonnés l'avaient vu aussi maladroit face à une femme. En réalité, il aurait plutôt dû imaginer la tête qu'ils auraient fait s'ils avaient pu le voir de leurs propres yeux en train de remettre le choix du menu à quelqu'un d'autre. Leur chef n'avait pas pour habitude de se soumettre aux goûts des autres. Sauf si nécessaire pour les affaires, il se faisait servir à la carte et n'avait que le meilleur. Ses goûts difficiles étaient ainsi satisfaits, même si cela impliquait qu'un malheureux ou deux s'arrachent régulièrement les cheveux du crâne. Car les denrées étaient chères au District 12. Ce petit Etat dans l'Etat, quasiment autonome, ne disposait que de ses propres ressources. En réalité, même si très peu de gens connaissaient les arcanes du marché, il existait quelques voies de passage à travers le Dôme. Mais elles étaient si limitées et secrètes que les habitants se contentaient généralement des produits locaux. Gabriel, fort de son autorité, avait accès à quelques produits de luxe considérés comme introuvables. La moitié d'entre eux étaient de la bouffe. Les gens riches ne savent vraiment pas comment dépenser leur argent.
Mais ses vieilles habitudes d'enfant gâté n'avaient pas pris le pas sur le reste. Il s'en était fallu de peu, mais il s'était rattrapé juste à temps. Il ne restait plus qu'à espérer que Leila ne s'offusque pas qu'il propose des plats japonais à une demoiselle d'origine coréenne. Ce n'était pas un ignare qui ne faisait pas la différence entre tous les bridés, loin de là. Mais sa parenté japonaise n'était pas connue de tous – notamment parce qu'il n'en avait absolument pas le sang – et la moitié de ses gros bras nippons auraient pu être de simples sous-fifres sans importance. En bref, il risquait la faute diplomatique, mais cela ne lui traversait même pas l'esprit. Pour lui, il n'y avait eu aucun rapport, et bien sûr que Park c'était un nom coréen, et il s'en fichait un peu. Y avait-il encore vraiment des nationalités dans la Nation? Seules celles de Gabriel comptaient.

La réponse de Leila ne se fit pas attendre et elle ne fit pas le moindre commentaire critique. Au contraire, elle loua ses manières et esquissa un sourire qui creusa une fossette dans sa joue. Gabriel lui rendit la pareille, et s'auto-congratula mentalement de sortir du lot des associés de monsieur Park. Cela dit, il ne put s'empêcher de se demander si ce genre de rendez-vous arrangé était arrivé souvent, et à quel point. Bien évidemment, Leila avait déjà été mariée, elle devait donc en avoir une sacrée expérience. C'était évident, mais Gabriel n'aimait pas l'idée d'être un petit poisson dans un vaste océan. S'il n'était qu'un maillon dans la chaîne, que le 52ème prétendant lambda, ça n'allait pas lui plaire du tout. Bon, il s'emportait un peu, Leila était simplement en train de tapoter sur la tablette digitale, elle était charmante, pourquoi aller chercher la petite bête là où il n'y en avait pas? Ah oui, encore un défaut pour le Calderone : monsieur était jaloux. Personne n'est parfait, surtout pas lui.

Les lumières s'éteignirent doucement, déposant un voile d'obscurité sur les rangées de spectateurs bien installés. Le brouhaha se transforma en un doux murmure, qui ne finirait par s'évaporer qu'à l'ouverture du rideau. Celui-ci oscilla doucement, sous les lumière tamisées de la scène, sans que l'on puisse deviner ce qu'il se passait de l'autre côté. Malgré ses préjugés sur le théâtre, la curiosité de Gabriel le poussa à se demander ce qui allait apparaître : est-ce que le décor serait beau? Les acteurs nuls? Il aurait pu assurer qu'il s'en fichait quelques minutes plus tôt, mais dans l'atmosphère fébrile que dégageait la salle, il se laissa un peu emporter.

« Maintenant que ça va commencer, je n'ai plus qu'à vous souhaiter bon courage! »


La voix chaude de Leila glissa à son oreille dans un souffle. elle était penchée sur lui, et les ténèbres semblaient les rapprocher encore davantage. L'ambiance parut brusquement plus intime. Le petit rire contenu dans sa voix renforça l'effet. Soit Gabriel s'imaginait des trucs, soit elle jouait les séductrices. Son cerveau d'homme – oui nous parlons bien de son cerveau – imagina en quelques secondes un million de choses difficilement évocables, mais l'entrée d'un serveur le coupa dans son élan. L'homme, vêtu de l'uniforme bordeaux de rigueur, poussait un chariot garnit de plats bien disposés. Les assiettes auraient débordé si le plateau à deux étages avait été un peu plus petit. Il le fit rouler jusqu'au couple, et d'une petite courbette, se retira. L'étalage de nourriture fit briller les yeux du mafieux, d'envie et de gourmandise. Il poussa un petit sifflement étonné et ravi. Même le Shogun pouvait être impressionné! Il se pencha à son tour vers la jeune fille, une main appuyée sur son dossier, pour lui murmurer, presque lascif :

« Merci, je crois que ça va aller. Je suis trop bien entouré pour pouvoir fermer l'oeil... »


Plus grand que Leila même assis, il parlait plus à son crâne qu'à son oreille juste en dessous, et encore une fois, l'odeur de son shampooing – fleur d'oranger? - s'insinua jusqu'à lui et il crispa la mâchoire, frustré. Il ne voulait pas que ses addictions lui parasitent la soirée, mais il était trop négligeant. Quand allait-il apprendre ses leçons? Le manque, c'est psychologique. Si on ne le provoque pas, il ne vient pas. Allé, Gabi, un peu de retenue! Avec sa dépendance renforcée par le putain de sérum, il était presque obsédé par les cheveux en général. Si un jour le manque se faisait trop grand, il serait probablement capable de se frotter à un caniche. Il reprit place dans son siège, et se re-concentra sur la scène, qui n'allait pas tarder à dévoiler ses mystères. Qu'est-ce qu'ils allaient voir déjà? Roméo et Juliette? C'était pas l'histoire... de la fille amoureuse d'un mec velu justement? Argh, Gabriel se souvenait plus. Ignare.

[En plus il vit est né à Vérone le con!]

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Dim 11 Mar - 14:29

Apparemment, Gabriel ne s'était pas offusqué qu'elle le trouve mieux que les autres collaborateurs de son père. Elle avait pensé qu'il n'aurait peut-être pas aimé n'être qu'un autre collaborateur avec lequel elle se trouvait condamnée à passer une soirée. Qu'il se rassure, il ne l'était pas. D'abord parce qu'il sortait du lot au vu de son âge et de son physique charmant. Ensuite, parce que de toute façon, Leila aimait aborder ces rendez-vous d'un oeil nouveau à chaque fois. Elle leur laissait toujours une chance de se démarquer et n'aimait pas les assimiler les uns aux autres pour la simple raison qu'ils étaient des hommes d'affaire de qualité. Le fait était que généralement, les collaborateurs de son père lui faisaient comprendre qu'ils ne cherchaient pas quelqu'un d'intéressant, juste une femme-trophée. Si Leila ne se trouvait pas assez blonde pour ce rôle, cela avait surtout tendance à l'exaspérer. Ils espéraient bien sur tous obtenir le contrôle de l'entreprise familiale à travers elle. Et ils rêvaient.

Sérieusement, l'idée que l'on puisse faire de la fille de monsieur Park un femme-trophée était tout de même assez étonnante. Pourquoi aucun ne pensait qu'elle cachait une volonté de fer derrière son air aimable? C'était pourtant évident en la voyant à côté de son père qu'elle était une version de lui en plus jeune et plus jolie. Si Mademoiselle Park aimait faire plaisir à son père et se plier à ces rendez-vous pour se trouver un mari digne de ce nom, ce n'était pas pour autant que son père prévoyait de léguer son entreprise au dit mari. Il n'emmenait pas sa fille à toutes ses réunions seulement pour faire joli et amadouer les concurrents. Il s'agissait surtout de l'habituer aux affaires de la famille.

Bref, lorsque le serveur eu déposé le plat en face d'eux, elle le remercia d'un hochement de tête et il s’éclipsa. Elle regarda Gabriel d'un air un peu inquiet alors qu'il poussait l'un de ses sifflements étonné dont on ne sait jamais s'ils présagent quelque chose de bon ou non. Ça avait l'air de bien se passer. Il fallait qu'elle arrête de s'inquiéter à chacune de ses réactions. On aurait cru voir une pauvre gazelle fasse à un lion. Mais je dois être une lionne, pas une gazelle niaise... Les Park ne sont pas des herbivores. Il y avait dans son désir de bien faire un peu trop de fierté familiale, comme toujours. Cela venait sans doute de son sang asiatique, mais elle refusait de faire honte à la famille Park. Le pire malheur qu'il pouvait lui arriver était définitivement qu'elle soit responsable d'une quelconque moquerie envers sa famille, et elle se dépêcherait de rattraper l'erreur bien vite en gratifiant le goujat d'un bon coup dans la mâchoire (son addiction voyez-vous, elle ne peut se contrôler...) ainsi que d'une malédiction ad aeternam.

Mais il n'était nullement question ici de quelque atteinte à l'honneur familial, juste d'un plat de maki qui, d'après sa réaction, plaisait à Monsieur Calderone. Tant mieux. Elle se décida à passer pour une goinfre s'il le fallait, mais ces petites merveilles lui faisaient trop de l'oeil pour qu'elle leur dise non. Elle attrapa donc un maki et l'enfourna comme il se doit. Comment voulez-vous manger un maki autrement sans paraître sale comme un porc. Essayer de mâcher un maki, c'est se retrouver avec du riz explosé partout... Enfin, c'était le cas avec Leila, et elle ne voulait pas salir sa robe de soirée ni que Gabriel constate qu'elle n'était pas une grande pro dans les diverses techniques permettant de manger de la nourriture japonaise.

Alors qu'il lui répondait, elle se dépêcha d'avaler le riz et le poisson. Pour le coup, elle n'était pas ce que l'on pouvait considérer comme un bon entourage, pas quand de tels plats faisaient également partie de l'entourage. Mais elle lui adressa un sourire ravi de gamine. Oh oui, elle était ravie. Elle avait l'impression d'avoir gagné un bon point avec cette remarque. Elle réalisa en se retournant vers la scène que se comporter avec trop de spontanéité n'était pas ce qu'elle recherchait. Elle devait paraître femme pour que Gabriel la trouve à son goût, les hommes d'affaire aiment les femmes qui se veulent indépendantes sans trop l'être et qui paraissent avoir du caractère mais se rangent à leur avis. Certes, elle n'aimait pas associer les collaborateurs de son père, mais certains préjugés surpassent les meilleurs volontés.

Elle se redressa un peu dans son siège pour se ressaisir. C'était donc Roméo et Juliette. Quoi de plus cliché pour un premier rendez-vous? Décidément, le côté vieux jeu de son père lui jouait des tours. Il aimait trop les fausses coïncidences. Mais quoi de plus horrible finalement que Roméo et Juliette? Ce n'est pas tant une histoire d'amour qu'une histoire de stupidité. S'aimer à en mourir pourquoi pas, mais il faut des fois se poser et réfléchir. Au moins, les décors avaient leur charme, un petit côté d'époque. Elle laissa à Gabriel le loisir d'apprécier les premiers échanges des acteurs. Les yeux de la demoiselle alternaient entre la scène et le jeune homme pour essayer de déchiffrer dans sa réaction. Dur à dire s'il aimait ou pas, il avait surtout l'air intéressé, comme tout un chacun qui découvre quelque chose de nouveau.
Quand il y eu enfin un suspens dans les dialogues, elle se pencha vers lui.

J'espère que ça vous plait, parce que sinon, je ne vois vraiment pas comment je pourrais vous le rendre plus agréable...
Quelques idées bien indignes d'une demoiselles telle qu'elle lui traversèrent l'esprit mais elle les effaça aussitôt. Ce n'était pas la question. Bien qu'il ai sous-entendu que sa compagnie était agréable, elle voyait mal comment sa compagnie pourrait abréger le supplice du théâtre. Surtout face à une tragédie, elle ne faisait pas le poids. Elle l'aurait volontiers divertit, mais elle n'allait pas l'ennuyer pendant la pièce si elle lui plaisait. Certaines personnes n'aimaient tout simplement pas qu'on les distraie pendant ce genre de moment.

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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Dim 11 Mar - 18:51

1... 2... 3...
Un peu de concentration, et Gabriel reprit le dessus. La lutte avec sa dépendance, c'était une partie de gymnastique. Considérée comme une faiblesse, il devait lutter chaque jour contre elle. Mais il se devait aussi d'y succomber, dans le risque de devenir totalement dingue. Il rageait souvent de savoir qu'il aurait pu avoir une dépendance beaucoup plus digne. Sans déconner, se faire toucher les cheveux! Sa fierté en prenait un coup chaque jour. On pourrait penser qu'il s'y est habitué depuis le temps, mais certaines occasions ne manquaient pas de le remplir d'amertume. Ressentir de telles émotions en compagnie de Leila l'irritait au plus au point. Il voulait faire bonne impression, et craquer son slip n'était pas la solution la plus efficace.
Malgré son petit moment d'égarement, il se reprit vite et eut le temps de la voir déglutir précipitamment son maki pour lui faire un grand sourire. Face à sa bouille craquante, Gabriel contint un petit rire moqueur, qu'il n'osa pas laisser échapper. Elle risquait de mal le prendre, et ce n'était pas du tout son intention. Il trouvait juste terriblement mignon de la voir manger à grosses bouchées. Elle avait les joues gonflées par la nourriture et tâchait de ne pas en mettre partout. Elle avait beau faire tout pour être présentable et soignée, il repéra un grain de riz sur le coin de sa lèvre. Cela l'amusa d'autant plus, mais il ne s'aventura pas à le récupérer, de peur de la vexer. Et puis cela faisait trop cliché, elle prendrait ça comme une technique de drague ratée.

Tandis qu'elle se redressait sur son siège, lui chopa une paire de baguettes mise à disposition dans un petit gobelet de bois et goûta à son tour au mini buffet. Il se prit quelques makis et sushis sur une petite assiette – sans oublier sa part de wasabi, miam – et put ainsi les déguster en assistant au levé de rideau. Un tonnerre d'applaudissement survint, auquel il ne put participer : il avait les mains pleines. Il observa comment était constituée la scène, les décors habilement trompe-l’œil, et les costumes des premiers personnages apparus sur l'estrade. Ce n'était pas si mal après tout, ils devaient avoir des bons moyens derrières. Bien sûr, cela restait très artificiel. Quand ils annoncèrent qu'ils se trouvaient à Vérone, terre natale du petit Gabi, celui-ci eut un regard très critique sur la chose. La ville de son enfance ne ressemblait pas à cet ensemble de marbre blanc parcouru de lierres digne d'un tableau « pompier » néo-classique. Tout en mâchant nonchalamment ses bouchées de riz vinaigré et de poisson cru, il laissa son regard se promener d'un acteur à l'autre et essaya de comprendre l'histoire. Une histoire de haine et de rivalité. Des gens qui s'entretuent. Intéressant !
Quand il eut finit sa petite assiette, il passa un doigt dans le nœud de sa cravate et la desserra légèrement. Il retira également sa veste, n'ayant pas pensé à le faire plus tôt.
Peu de temps après, Leila se pencha de nouveau vers lui :

« J'espère que ça vous plait, parce que sinon, je ne vois vraiment pas comment je pourrais vous le rendre plus agréable... »

Si elle lui demandait son avis, Gabriel aurait rétorqué qu'il y avait tout un tas de façons de rendre la chose plus agréable, mais elle disait cela par pure politesse. Aussi, prit-il la sage décision de se la fermer. Cela dit, il fallait bien qu'il réponde quelque chose, il ne manquait plus qu'il se mette à l'ignorer comme une mendiante sur le bord de la route. Il l'observa une seconde et répliqua sur le même ton bas :

« Vous avez déjà fait tout votre possible pour rendre cette soirée agréable, je ne vois pas ce que je peux demander de plus. Et puis ce n'est pas si terrible. »
ajouta-t-il en désigna la scène.

Il la rassura d'un sourire, et son œil fut de nouveau attiré par le plateau-repas. Il laissa échapper un petit « ah » et se retourna pour s'emparer de la chope de saké chaud. Il versa le liquide dans deux petites tasses de faïence et une fois la manœuvre accomplie, proposa le verre à sa voisine. Il lui demanda avec bonne humeur :

« Voulez-vous trinquer? »

Un petit verre serait très agréable, et trinquer avait toujours le don de mettre un peu de complicité entre les différents convives. On trinquait toujours pour quelque chose d'heureux. Cette soirée peut-être? C'était une occasion pour Gabriel de montrer qu'il s'amusait. Alors qu'il regardait Leila dans les yeux, il ne put cependant s'empêcher de fixer de nouveau le grain de riz collé à sa lèvre. D'un geste irréfléchi, il le retira et le mangea. Oups, bon bah, ça faisait cliché, tant pis. Ça l'avait trop démangé pour qu'il n'en fasse rien. Et puis n'était-ce pas pire de laisser la jeune femme ainsi sans la prévenir?


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MessageSujet: Re: Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]   Dim 11 Mar - 20:42

Le voir ainsi concentré sur la pièce avait un quelque chose d'amusant qui, il fallait l'avouer, faisait de l'effet à Leila. Elle n'aurait pas pensé que le Monsieur Calderone que fréquentait son père pouvait s'avérer un Gabriel affable, gentil et intéressé par une tragédie romantique. Certes, il existait des histoires plus niaises que Roméo et Juliette, mais celle-ci n'allait pas en s'améliorant. Les personnages principaux avaient tout de même ce côté particulièrement irritant qui donnait envie à toute personne sensée de leur filer des baffes. Enfin, en tout cas, c'était l'effet qu'ils lui faisaient à elle. Il restait Mercutio pour rattraper la pièce, jusqu'à ce qu'il meurt... Non, Leila n'aimait pas le théâtre pour la bonne raison que les histoires lui paraissaient stupide. Et quand elle faisait un effort pour donner sa chance à une pièce, elle s'attachait toujours à un personnage qui finissait par mourir rapidement. Non, ce n'était pas fait pour elle le théâtre, définitivement pas. Elle regarda distraitement ce qui se passait sur scène alors qu'il retirait sa veste puis son regard revint sur lui.

Apparemment, monsieur Calderone ne semblait pas disposé à lui indiquer comment mettre l'ambiance dans un théâtre. Elle était pourtant sûre qu'avec ses habitudes de dirigeants de clubs et autres bars de nuits, il devait avoir un certain savoir-faire sur ces questions. Ce serait donc à elle de s'ennuyer face à cette pièce qu'elle connaissait presque par coeur. Elle avait bien sûr l'occasion de regarder Gabriel pendant tout ce temps, et si c'était mieux que la compagnie de son père, il avait beau être bien joli, plus d'une heure ça faisait long. Enfin, des habitudes de night club, elle en avait quelques unes, et il était vrai qu'elles n'étaient pas vraiment adaptées à la situation.

Elle attrapa néanmoins avec un large sourire la tasse de saké qu'il lui proposait. Elle ne pouvait pas vraiment refuser, mais elle savait qu'il fallait qu'elle fasse attention. Elle savait qu'elle s'enivrerait plus vite que lui, la différence de taille était trop écrasante pour qu'elle ai la témérité de se lancer dans un concours de résistance. Et ses gènes asiatiques la disqualifiaient d'office de toute façon. Elle tenait tout de même mieux que la majorité des asiatiques de sa connaissance, sûrement grâce à un entraînement commencé relativement jeune et une pratique assidue depuis. Mais une fois qu'elle avait dépassé sa limite, elle avait tendance à taper la première personne qui passait pour soulager son addiction. Il était préférable qu'elle ne finisse pas dans un tel état. Surtout qu'elle doutait réussir à gagner face à Gabriel.

Alors qu'elle allait s’apprêter à trinquer, il récupéra un grain de riz sur le coin de sa lèvre. Elle se sentit rougir légèrement sans rien pouvoir y faire et cacha sa bouche de sa main libre.

Désolée...
Elle faisait tout pour bien paraître, mais décidément, manger proprement était au dessus de ses moyens. Elle s'en voulait de rougir ainsi comme une adolescente, mais plus elle y pensait, plus ça lui semblait empirer. Elle inspira un bon coup pour tenter de chasser la gène. Décidément, heureusement qu'ils n'étaient que tous les deux. Elle était déjà bien gênée de se ridiculiser ainsi devant le jeune homme, si en plus ils avaient été dans un restaurant au milieu de dizaines de personne... Elle aurait sans doute hésité à aller se cacher sous la table. Ici au moins, ne faisaient pas attention à eux, tous les regards étaient fixés sur la scène... Du moins elle l'espérait.

Elle retira rapidement la main de devant sa bouche. Le mal était de toute façon déjà fait, cela ne servait plus à rien maintenant. Elle s'efforça de lui sourire et de faire ainsi passer sa gène dans l'alcool. Leurs verres allaient s'entrechoquer quand elle retint le sien.

On trinque pour quoi au fait? Pour Roméo et Juliette? ... Pour nous..?
Elle eut un petit sourire amusé en finissant sa question. Oh, il n'avaient rien de Roméo et Juliette, certainement pas. Mais elle voulait savoir s'il fallait trinquer pour le théâtre ou pour cette soirée particulière. Et puisque monsieur Calderone proposait de trinquer, c'était à lui de porter le toast. Et oui, quand on s'appelle Leila, on trinque pour quelque chose ou l'on ne trinque pas.

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Soirée au théâtre [pv Gabriel Calderone]

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